‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 509 sur 851 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

Autre passage du même Hilaire sur le péché originel , également hérétique : vaine défaite de M. Simon.

Voila donc la première erreur du diacre Hilaire , approuvée de M. Simon. En voici une aulre plus grande : c'est qu'il insiste , dit-il', sur une dicerse leçon, (d'un passage de saint Paul), qui semble détruire tout ce qu'on vient d'atancer sur le péché origiyiel ; el c'est en vain qu'il veut excuser ce diacre , sous prétexte que s'il a ôlé sans raison , et par une afTectalion manifeste une négation , on ne peut nier qu'il n'y etit alors de semblable exemplaire. Mais celle excuse serait peut-être recevable, si Hilaire n'avait pas tiré du texte visiblement corrompu comme il le lisait, toutes les mauvaises conséquences qu'on en peut tirer contre la vérité du péché originel ; puisqu'il en conclut que la mort du péché n'a point régné sur ceux qui n'ont péché qu'en Adam ; qu'ils n'ont contracté que la première mort, qui est celle du corps , el non pas la seconde , qui est celle de l'âme ; en sorte qu'ils étaient réservés avec Abraham en espérance, el qu'ils ont été délitrés par l'indulgence du Sauceur, lorsqu'il est descendu dans les enfers"^ : paterno peccato ex Dei sententia erant apl'd Infernos : gratia Dei abundavit ix des- CEXsu Salvatoris omnibus dans indulgentiam, gum

TRIUMPHO SUBLATIS EIS IN C0ELUM.

M. Simon croit l'avoir sauvé en disant, qu'on ne peut pas l'accuser d'avoir nié le péché originel qu'il avait établi peu auparavant^ . Mais c'est assez pour le condamner, qu'il soit de ceux à qui la foi de l'Eglise el la force de la Tradition ayant arraché la confession d'un dogme si établi , l'obscurcissent de telle sorte dans la suite, qu'on ne le reconnaît plus dans leurs discours. Car si Hilaire avait reconnu autant qu'il faut cette corruption de notre origine, il n'aurait pas dit, comme il fait, qu'elle n'emporte point la mort de l'âme^, et il aurait encore moins inféré de là, qu'à cet égard un plus grand nombre d'hommes a reçu la vie par Jésus-Christ, qu'il n'y en a eu qui sont morts par le péché d'Adam : en supposant, comme il fait partout, que la mort de l'àme n'a pas été universelle : en quoi il a montré le chemin à Pelage, qui explique comme lui le passage de saint PauP.

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