‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 512 sur 851 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

M. Simon fait l'injure à saint Ckrysostome de le mettre avec le diacre Hilaire au nombre des précurseurs du pélagianisme : approbation qu'il donne à cette hérésie.

Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est qu'il défend de la même sorte saint Jean Chrysostome. « Si » sa doctrine, «dit-il^, « ne parait pas toujours » orthodoxe à quelques théologiens, qui croient qu'il «approche quelquefois des sentiments de Pelage, » on doit considérer que lorsqu'il a écrit ses Com- ') mentaires, le pélagianisme n'était pas encore » dans le monde. Il a combattu avec force les héré- » tiques de son temps, et il ne s'est jamais éloigné » de la doctrine des anciens auteurs ecclésiasli- » ques. » On voit trois choses importantes dans ce passage. L'une, que notre auteur ne nie pas que saint Chrysostome approche des sentiments de Pelage : l'autre, qu'il ne trouve aucun inconvénient de s'en être ainsi approché : la troisième, qu'en approchant de Pelage, ce Père ne s'est jamais éloigné des anciens auteurs ecclésiastiques : ce qui induit qu'en suivant cet hérésiarque , on défend fancienne doctrine, et qu'on n'a pas dû lui en faire un crime.

Ainsi Hilaire le luciférien et saint Chrysostome sont tous deux sur le môme pied : tous deux amis de Pelage : tous deux excusables de l'avoir été. Je sais bien qu'il dit ailleurs', que ce savayit Père yi'atance rien qui puisse favoriser l'hérésie de Pelage. C'est sans doute qu'il trouvera quelque expédient pour l'en faire approcher sans la favoriser tout à fait, ou plutôt c'est qu'il ne cherche qu'à tout embrouiller, pour obscurcir la Tradition et tout réduire à l'inditTérence.

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