CHAPITRE XI
Septième, huitième et neuvième démonstration. Saint Augustin écrit par l'ordre des papes contre les pélagiens , leur envoie ses livres, les soumet à la correction du Saint-Siège , et en est approuvé.
En septième lieu, les papes mêmes entraient dans ce concert de toute l'Eglise. Il n'y avait rien de plus important du temps de saint Boniface le"", que les deux lettres des pélagiens; mais à l'exemple des autres, ce pape, quoique très-docte, comme le témoigne saint Prosper^, les renvoya à saint Augus- •tin, et attendait sa réponse : Gum esset doctissimus,
ADVERSUS LIBROS TAMEN PELAGIANORUM BEATI AUGUS-
TiNi RESPONSA poscEBAT. Ce qui fait dire à Suarez que ce même pape répondit à Julien par saint Augustin : Per Augustinum adversus pelagianos scripsit ^ .
En huitième lieu , ses écrits étaient si estimés qu'on les envoyait aux papes, comme cinq évêques assemblés avec Aurèle de Carthage leur primat, envoyèrent à saint Innocent I^r, le livre de saint Augustm de la Nature et de la Grâce''.
En neuvième lieu, le dessein de saint Augustin, quand il envoyait ses écrits aux papes, était de les soumettre à leur correction. Ainsi, quand il répondit à saint Boniface sur les deux lettres des pélagiens, il lui déclara humblement qu'il lui adressait sa réponse, alin qu'il la corrigàt, parce qu'il élait résolu de changer tout ce qu'il y trouverait à reprendre^; d'où il résulte trois vérités : la première, l'habileté de saint Augustin , à qui on renvoyait les plus grandes choses : la seconde, son humilité, puisqu'il était si soumis à l'examen du Saint-Siège : la troisième, l'approbation de ses sentiments, puisque les papes, à qui il les soumettait, n'y ont jamais fait que des réponses favorables, et ont conservé à ce Père toute leur estime.