‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 520 sur 851 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Dix évidentes démonstrations que saint Augustin, loin de passeï' de son temps pour novateur, fut regardé par toute l'Eglise comme le défenseur de l'ancienne et véritable doctrine. Les six premières démonstrations.

L\ première est dans ce qu'on vient de voir, que saint Augustin était l'âme des conciles d'Afrique, ce qui ne peut convenir qu'à un défenseur de la Tradition.

La seconde, que les écrits de ce Père sur celte matière furent jugés si solides et si nécessaires, qu'on lui ordonna de les continuer. On sait l'ordre qu'il en reçut de deux conciles d'Afrique, et le soin qu'il eut de leur obéir.

Troisièmement, ses écrits furent tellement regardés comme la défense la plus invincible de l'Eglise, que saint Jérôme lui-même, un si grand docteur et le plus célèbre en érudition de tout l'univers, dès qu'il eut vu les premiers ouvrages de ce saint évoque sur celle matière, touché, comme le remarque saint Prosper', de la sainteté et de la sublimité de sa doctrine , déclara qu'il cessait d'écrire , et lui renvoya toute la cause.

En quatrième lieu, saint Augustin s'acquitta si bien et si fort au gré de saint Jérôme, du travail (jue toute l'Egliso lui avait comme remis entre les mains, que ce grand homme ne se réserva pour ainsi dire autre chose que d'applaudir à saint Augustin. Les petites altercations qu'ils avaient eues sur quelques difficultés de l'Ecriture cédèrent bionlôl à la charité et au besoin de l'Eglise : et saint Jérôme écrivit à saint Augustin 2, que l'ayant toujours aimé, maintenant que la défense de la vérité contre l'hérésie de Pelage le lui avait rendu encore plus cher, il ne poutait passer une heure sans parler de lui. Il lui annonçait en même temps de l'ex- Irémité de l'Orient, que les catholiques le respectaient comme le fondateur de l'ancienne foi en nos jours : A.vTifjf.f; RCRst.-s f/dei co.NDrroRKM; et il metlail sa louange en ce qu'il était, non l'auteur d'une noMvelIc doctrine, mais le défenseur de l'antiquité.

En cinquième lieu, c'était une coutume établie

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comme une espèce de règle, que personne n'écrivait contre les pélagiens qu'avec l'approbation de saint Augustin; ce qui parait par les deux lettres de ce Pore à Sixte, prêtre de l'Eglise romaine, et depuis pape , et par celle du môme Père à Mercator, qui attendait son consentement pour publier ses ouvrages contre ces hérétiques'.

En sixième lieu , lorsqu'il y avait quelque chose de conséquence à écrire contre Pelage ou ses sectateurs, on le renvoyait à saint Augustin, comme d'un commun consentement. On voit sur cela les lettres des plus grands hommes de l'Eglise et de l'empire, qui se réglaient selon la doctrine de ce grand évoque.

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