‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 531 sur 851 · LIVRE V. — M. SIMON, PARTISAN DES ENNEMIS DE LA GRACE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — M. SIMON, PARTISAN DES ENNEMIS DE LA GRACE

Lyon, de Prudence, évèque de Troyes, et des autres qui entreprirent en quelque façon la défense de Gotescalc ' ; car tous leurs livres ne sont remplis que des louanges de saint Augustin, et ils posaient tous pour fondement la doctrine inviolable de ce Père , approuvée par les Papes , et reçu par toute l'Eglise. Mais Hincmar, archevêque de Reims, et les autres chefs du parti contraire, n'étaient pas moins affectionnés à ce saint docteur, à qui Jean Scot, dans son écrit De la Prédestination contre Gotescalc , donne l'éloge de très-péne'Lrant dans la recherche de la vérité^. Il allègue ses derniers ouvrages De la Grâce, en disant : Que se soumettre à l'autorité de ce Père, c était par elle se soumettre à la vérité même. Qui, dit-il, osera résister à celte trompette du camp des chrétiens ? Prudence lui disait aussi ^ : « Vous avez suivi saint Augustin, et si » vous vous étiez opposé à ses discours Irès-vérila- » blés, aucun des catholiques n'aurait imité votre « folie ; » tant les paroles de saint Augustin étaient réputées authentiques. Scot avait écrit son traité par ordre d'Hincmar et de Pardule, évèque de Laon, comme il paraît par sa préface. On voit donc par son sentiment combien ces évèques étaient attachés à la doctrine "de saint Augustin. Aussi Hincmar le cite partout dans sa lettre à saint Renii de Lyon, et dans son grand livre de la Prédestination, où il établit à la tète l'autorité de ce Père en cette matière, parles mêmes preuves et avec autant de force que ses adversaires. Le principal fondement des défenses de Gotescalc, était le livre intitulé Hypog7iosticon ou Hypomnesticon , auquel ils ne donnaient cette autorité qu'à cause qu'ils présupposaient qu'il était de ce saint docteur. Ainsi dans une occasion dans laquelle il s'agissait, ou d'excuser, ou de combattre les excès et les duretés de Gotescalc, saint Augustin, dont il abusait, demeura la règle des deux partis; et sa doctrine sur la grâce et la prédestination subsista partout en son entier, ce qui est le témoignage le plus assuré qu'on puisse produire de l'autorité qu'elle avait acquise dans tout l'Occident : et ce qui fait le plus à notre sujet, c'est qu'elle n'était si révérée que parce qu'on supposait comme indubitable que ce Père avait parlé dans cette matière , en conformité des Pères ses prédécesseurs : JUXTA SCRIPTUR.E VERITATEM ET PR.ECE- DENTIUM PaTRUM REVERENDAM AUCTORrrATEM ''.

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