‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 549 sur 851 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les témoignages qu'on lire des Pères qui ont écrit devant les disputes ont leur avantage. Saint Augustin recommandable par deux endroits. L'avantage qu'a tiré l'Eglise de ce qu'il a écrit après la dispute contre Pelage.

Mais peut-être qu'ils sont forcés par de puissantes raisons, à entrer dans ces sentiments. On n'en peut avoir de plus faibles. On veut premièrement imaginer qu'il y a quelque chose de plus naturel dans les Pères qui ont précédé les disputes, que dans ceux qui ont suivi, et on ne veut pas écouter ceux qui s'en tiennent aux derniers. Mais il ne faut point opposer ces deux sentiments. L'un el l'autre est véritable : l'Eglise profite en deux manières du témoignage des Pères : elle en profite devant la naissance des hérésies : elle en profile aussi après : elle en profite devant, parce qu'elle y voit, avant toutes les disputes, la simplicité naturelle et la perpétuité de sa foi : elle en profile aussi après, pour parler plus correctement des articles qui sont attaqués.

Personne ne révoque en doute que les hérésies ne réveillent les saints docteurs , et ne les fassent parler plus correctement sur les vérités contestées. Saint Thomas , Vincent de Lérins et saint Augustin que nous avons rapportés, le consentement de tous les docteurs anciens et modernes, l'expcricnce même, qui est très-constante, ne permet sur ce sujet aucun doute.

D'autre part, il ne laisse pas d'être certain que les Pères qui ont précédé les disputes, ont à leur manière quelque chose de plus fort, parce que c'est le témoignage de gens désintéressés, et qu'on ne peut accuserd'aucune partialité. Personne n'a mieux profilé de cet avantage que saint Augustin. Car après avoir produit à Julien les Iréuée, les Cyprien , les Ililaire el les autres anciens docteurs , sans oublier saint Jérôme : « Je vous appelle, lui » dit-il', devant ces juges, qui ne sont ni mes amis, » ni vos ennemis, que je n'ai point gagnés par » adresse , que vous n'avez point otlensés par vos » disputes : vous n'étiez point au monde quand ils » ont écrit: ils sont sans parlialilé, parce qu'ils » ne nous connaissaient pas : ils ont conservé ce » qu'ils ont trouvé dans l'Eglise : ils ont enseigné » ce qu'ils ont appris : ils ont laissé à leurs enfants » ce qu'ils ont reçu de leurs pères. » Il faut reconnaître dans ces témoignages quelque chose d'irréprochable, qui ferme la bouche aux hérétiques : el c'esl pourquoi en citant, comme on vient de voir, saint Jérôme, qui était du temps de Pelage el son adversaire, saint Augustin sait bien observer, que

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