‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 550 sur 851 · Conl. Jul.Jib. II, c. X, n · texte numérisé non relu

Conl. Jul.Jib. II, c. X, n

DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES

ce qu'il produit de ce Père conlrc Julien, est lire des livres qu'il avait écrits avant la dispute : lorsque libre de tout, soupçon et de toute partinlitc, liber AB OMNI STi'Dio PAUTiLM ' , il Condamnait les pélajriens avant qu'ils fussent nés.

J'avoue donc que ces deux manières de faire valoir les témoignages des Pères , ont des avantages mutuels l'une sur l'autre : mais je n'ai pas besoin de décider où il y en a de plus grands , puisqu'ils concourent les uns et les autres dans la personne et dans les écrits de saint Augustin. Y voulez-vous voir la pleine et entière expression de la vérité depuis la dispute"? Toute l'Eglise l'a reconnue dans ce Père, tout s'est tu lorsqu'il a parlé : saint Jérôme même , qui était alors comme la bouche de l'Eglise contre toutes les hérésies, quand il a vu la cause de la vérité entre les mains de saint Augustin, n'a plus fait que lui applaudir avec tous les autres -. Il n'est plus temps dédire qu'il a excédé après que les Papes ont réprimé ceux qui le disaient : il n'est plus temps de dire qu'il a poussé les choses plus qu'il ne voulait, ou plus qu'il ne fallait , ni qu'il a eu des sentiments particuliers , ou trop d'ardeur dans la dispute, pendant que non-seulement l'Eglise romaine atec l'africaine, mais encore par tout l'uniters, comme parlait saint Prosper^, tous les enfants de la promesse étaient d'accord avec lui dans la doctrine de la grâce comme dans tous les autres articles de la foi.

Personne n'en a dédit saint Prosper, qui lui a rendu ce témoignage : l'événement même en a prouvé la vérité. Pour avoir droit de lui reprocher d'avoir excédé, ou d'avoir dégénéré de l'ancienne doctrine, il faudrait que l'Eglise qui l'écoutait, eût cru entendre quelque chose de nouveau : mais on a vu le contraire, et pendant qu'on accusait saint Augustin d'être un novateur, les Papes ont prononcé que c'étaient ses adversaires qui l'étaient , et que c'était lui qui était le défenseur de l'antiquité.

Page 1