CHAPITRE IX
Causes de l'acharnement de M. Simon et de quelques critiques modernes contre saint Augustin.
(>.\ voit avec quel excès, et en même temps avec quel aveuglement et quelle injustice on s'opiniàlrc à décrier saint Augustin, et à le chicaner sur toutes choses. Celte aversion des nouveaux critiques contre ce Père ne peut avoir qu'un mauvais principe. Tous ceux qui, par quelque endroit que ce fût, ont voulu favoriser les pélagiens, sont devenus, naturellement les ennemis de saint Augustin. Ainsi les semi-pélagiens, quoiqu'on apparence plus modérés que les autres, néanmoins « se sont attachés, » dit saint Prosper', « à le déchirer avec fureur, et ils )) ont cru pouvoir renverser tous les remparts de » l'Eglise, et toutes les autorités dont elle s'appuie,
1. Lib. I. contr. Jul. c. vi. n. 22. pag. 510. — 2. Idem , pag. 513 et alib.— 3. Conl. Coll.., cap. xxi, n. 57. in app. T. x. Au;!., p. 195.
» s'ils battaient de toute leur force cette tour si » élevée et si ferme. » Un même esprit anime ceux qui attaquent encore aujourd'hui un si grand homme. Qu'on en pénètre le fond, on les trouvera attachés à la doctrine de Pelage et des semi-pélagiens, ainsi que nous Talions voir de M. Simon. Mais ils n'en veulent pas seulement à la doctrine de la grâce. Saint Augustin est celui de tous les docteurs, qui par une pleine compréhension de toute la matière théologique, a su nous donner un corps de théologie, et pour me servir des termes de M. Simon, un système plus suui de la religion, que tous les autres qui en ont écrit. Un ne peut mieux attaquer l'Eglise qu'en attaquant la doctrine et l'autorité de ce sublime docteur. C'est pourquoi on voit à présent les protestants concourir à le décrier. Déjà , pour les soeiniens, on voit bien dans les erreurs qu'ils ont embrassées , que c'est leur plus grand ennemi : les autres protestants commencent à se repentir d'avoir tant loué un Père qui les accable; et on trouve des catholiques qui, par une fausse critique, se laissent imprimer de cet esprit.