‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 588 sur 851 · CI · texte numérisé non relu

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avons déjà vu < que M. Simon n"a rien oublié pour anéantir celte preuve , et nous n'avons rien à dire de nouveau sur ce sujet.

Pour l'Ecriture, le principal fondement est dans ce passage de saint Paul : Le péché est entré dans le monde par un seul homme en qui tous ont péché-. Il y a deux versions de ce passage : l'une, au lieu de ces mots : Eii qui, in quo, met parce que , quatenus, quia, eô quod, ou ex eo quàd. C'est celle qui favorise le plus les pélagiens , et qui leur donne lieu de dire : que le péché est entré dans le monde par Adam, à cause seulement que tous ont péché à son exemple , de laquelle explication Pelage est constamment le premier auteur.

La seconde version est celle de toute l'Eglise, selon laquelle il faut lire : Que le péché est entré dans le monde par un seul homme, en qui tous ont péché; ce qui ne laisse aucune ressource à ceux qui nient le péché originel.

C'est un fait constant , dont aussi M. Simon demeure d'accord, que cette dernière version, qui est celle de notre Vulgate , l'est aussi de la Vulgate ancienne, comme il paraît, non-seulement par saint Augustin 3, mais encore par le diacre Hilaire, par saint Ambroise^, par Pelage mêrae^, qui lit, comme tous les autres , in quo , dans son Commentaire^ , encore que dans sa note il détourne le sens naturel de ce passage, de la manière qu'on vient de voir.

M. Simon convient aussi que , selon l'explication de saint Chrysostome, il faut traduire in quo, et on en peut dire autant d'Origène; de sorte que les anciens Grecs ne diffèrent point des Latins. La suite fera paraître quel est parmi eux l'auteur de l'innovation. Quoi qu'il en soit, il est bien certain que depuis le temps de Pelage tous les docteurs qui ont disputé contre lui, tous, dis-je, sans exception , lui ont opposé ce passage, et ont suivi en cela saint Jérôme et saint Augustin.

Après un consentement si universel et si manifeste de tout l'Occident à traduire in quo , il n'est pas permis de douter qu'il ne faille tourner ainsi ce célèbre sep' S de saint Paul, puisque tous les Latins l'ont pris naturellement de cette sorte. Mais M. Simon, au contraire, s'acharne de telle manière à affaiblir cette version, qu'il y revient , sous divers prétextes, quinze ou seize fois, n'oubliant rien de ce qu'on peut dire pour autoriser, non-seulement la traduction, mais encore les explications qui favorisent Pelage ; en quoi il ne fait toujours que combattre directement, sous le nom de saint Augustin , toute l'Eglise, dans quatre conciles universellement approuvés.

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