‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 594 sur 851 · LIVRE VII. — SAINT AUGUSTIN CONDAMNÉ PAR M. SIMON · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — SAINT AUGUSTIN CONDAMNÉ PAR M. SIMON

cette interprétation de nouvelle et de fausse, n'est pas une décision de foi; et à cause de cela, il sera permis de lui égaler Théodoret et Erasme : comme si c'était ôler toute autorité à saint Augustin, que de ne lui pas donner celle d'être la règle de la foi, à quoi personne ne pense. Voilà comment raisonne un esprit outré. Qu'il apprenne donc que sans prétendre en aucune sorte que les sentiments de saint Augustin soient une décision de foi, on peut bien dire que l'interprétation qu'il a rejetée, celle qui met quatenus pour m quo était nouvelle et fausse : nouvelle parce qu'elle était contraire à toutes les versions dont l'Eglise se servait ; nouvelle encore , parce que tous les Pères latins, qui sont les seuls qu'il faut consulter sur une version latine , avaient constamment traduit in quo , comme tout le monde en est d'accord ; mais fausse de plus , parce que sans parler encore de la suite du discours de l'Apôtre, qui détermine manifestement à l'explication de saint Augustin , il est certain, de l'aveu de M. Simon', quelle ôtait à la preuve de l'Eglise contre les pélagiens ce qu'elle avait de plus fort et de principal; quoique d'ailleurs cette preuve soit celle de quatre conciles d'une autorité infaillible.

Quand le sentiment de saint Augustin est soutenu de cette sorte, sans en faire la règle de la foi, on peut bien dire qu'il n'y a que les hérétiques ou leurs adhérents qui s'y opposent; et ainsi quand avec Erasme M. Simon aura mis encore Calvin et les calvinistes, ce traducteur ne serait pas excusable d'avoir changé la version que saint Augustin a suivie, puisqu'elle a toujours été, et qu'elle est encore celle de toute l'Eglise d'Occident.

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