LIVRE VIII. — ACCORD DES SAINTS PÈRES
saint Augustin qu'il fût certain que les Orientaux étaient chrétiens, qu'il n'y eût qu'une foi dans toute la terre , et que cette foi était la foi chrétienne* ; d'oîi ce Père concluait- (jue celte partie du monde devait suffire à- Julien pour le convaincre : non qu"il fallût mépriser les Grecs, mais parce qu'on ne pouvait présupposer qu'ils eussent une autre foi que les Latins, sans détruire l'Eglise en la divisant.
Cependant saint Augustin insinuait le manifeste avantage de l'Eglise latine. Pelage même avait loué la foi romaine qu'il reconnaissait et louait, principalement dans saint Ambroise, in cujus prœcipuè libris romana elucet fides^. Le même Pelage avait promis , dans sa profession de foi , de se soumettre à saint Innocent qui gardait la foi, comme il occupait le siège de saint Pierre : Qui Pétri fidem et sedem tenet''. Célestius et Julien même s'étaient soumis à ce siège. Saint Augustin avait donc raison de lui en recommander la dignité en cette sorte* : Je crois que cette partie du monde vous doit suffire, où Dieu a voulu couronner d'un glorieux martyre le premier de ses apôtres. C'était l'honneur de l'Occident d'avoir à sa tète et dans son enceinte, ce premier siège du monde. Saint Augustin ne manquait pas de faire valoir en celte occasion cette primauté, lorsque citant, après tous les Pères, le pape saint Innocent , il remarquait que s'il était le dernier en âge , il était le premier par sa place, pos- TERioR TEMPORE , PRioR LOGO®. Le premier, par conséquent, en autorité. C'est pourquoi, dans la suite, récapitulant ce qu'il avait dit^, il le met à la tète de tous les Pères qu'il avait cités; à la tète, dis-je , de saint Cyprien, de saint Basile, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Hilaire et de saint Ambroise, sans nommer les autres qui étaient compris dans ceux-ci. Il tirait donc de tout cela une raison particulière pour obliger Julien à se contenter de l'Occident; et pour montrer qu'il n'y avait plus à consulter l'Orient, il concluait en cette sorte* : Qu'est-ce que cet homme (le pape Innocent), eû,t pu répondre aux conciles d'Afrique , si ce n'est ce que le Saiyit- Siége apostolique et l'Eglise romaine tiennent de tout temps avec toutes les autres? C'est donc le second principe de saint Augustin , que l'autorité de l'Occident était plus que suffisante pour autoriser un
dogme de foi.