‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 641 sur 851 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Passage de saint Chrysostome , objecté à saint Augustin par Julien.

Après que saint Augustin nous a menés par les témoignages , tant de l'Orient que de l'Occident , jusqu'au temps de saint Chrysoslome, qui était le seul des Pères qu'on lui objectait , il vient aux sentiments de ce grand homme, et non content d'avoir démontré par la méthode qu'on a vue, qu'il n'est pas possible que sa doctrine ait dégénéré de celle de tous les autres saints, il répond aux objections qu'on tirait de ses écrits , et en même temps il prouve à son tour, qu'en eflet il a reconnu dans tous les hommes, non-seulement la peine, mais encore la coulpe même du péché d'Adam. Suivons la méthode de ce saint , et proposons avant toutes choses , le passage de saint Chrysostome, que Julien objectait.

11 était tiré d'une homélie sur les néophytes , c'est-à-dire, sur les nouveaux baptisés, que nous n'avons plus, et on y lisait ces paroles selon la traduction que Julien proposait' : « Il y en a qui se » persuadent que la grâce du baptême consiste

• toute dans la rémission des péchés; mais nous » venons d'en raconter dix avantages. C'est aussi » pour cette raison que nous baptisons les enfants, » quoiqu'ils ne soient point souillés par le péché, » pour leur donner ou leur ajouter la sainteté, la

• justice, l'adoption, l'héritage, la fraternité de » Jésus-Christ, l'honneur d'être ses membres, et » d'être la demeure du Saint-Esprit. » La force de ce passage consistait en ce que saint Chrysoslome semblait vouloir dire qu'on baptisait les enfants, non point pour les laver du péché qu'ils n'avaient pas , mais pour leur donner les grâces annexées à ce sacrement.

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