CHAPITRE XXXIII
Saint Grégoire de Nysse.
Il n'est pas possible que saint Grégoire de Nysse, dans une matière si essentielle à la religion, se soit séparé de saint Basile son frère , qu'il appelle aussi son maître, et de saint Grégoire de Nazianze avec lequel il était uni , comme tout le monde sait. Cependant on pourrait être étonné de trouver dans son grand Catéchisme, une longue instruction sur le baptême, dans laquelle il n'entre pas un mot du péché originel. Il y tourne toute sa pensée à l'instruction des adultes, qui faisaient peut-être alors le plus grand nombre de ceux que l'on baptisait; mais ce qu'il ne marque pas dans l'explication du baptême, il le marque dans l'explication de l'eucharistie, où pour expliquer pourquoi Jésus-Christ entre en nous par la manducation réelle et substantielle de son corps, il dit « que comme le mal a pénétré » au dedans, lorsque nous avons goûté le fruit défendu, il fallait que le remède y entrât aussi '. » Il prononce ailleurs que « la chair est assujélie au mal " à cause du péché : que la mort est venue par un » homme, et le salut par un homme aussi'! » Ce qui étend aussi loin la perle en Adam, que le salut en Jésus-Christ : qu'une femme (la sainte Vierge) a délitré une femme, c'csl-à-dire, Eve et ses enfants , et qu'en introduisant la justice en Jésus- Christ, elle a réparé le péché qu'une autre femme amit introduit; que Jésus-Christ a reru le baptême afin de releter celui qui était tombé, et de confondre celui qui l'avait abattu, c'esl-à-dire, le diable, qui, dit-il, a introduit le péché. C'en est assez pour montrer qu'il ne dégénérait pas de la doctrine de l'antiquité, qui parait si manifeste dans ceux de son siècle avec qui il avait le plus de liaison.
Je ne crois pas pouvoir ajouter rien de considérable aux passages de saint Hilaire et de saint Ambroise , que saint Augustin a rapportés , et ainsi il ne me reste plus, pour achever le quatrième siècle, que d'e.xaminer avec lui les endroits de saint Chrysoslome, ce qui fera la principale matière du livre suivant.
1. Grat., XL, p. 658. —2. Idem,6ôl. — 3. Ibid., i. p. Il, 12. — 4. Catech. magivi , c. xxxvii. T. m, p. 102, et «««/. — 5. Df Vit-g., ibid , 152.
livrf: neuvième.
l'assaflos (le saint Clirysosloino, do Théodorot , ilo plusieurs autres, coucomaut la traditiua du pêche oriijiiiel.