‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 643 sur 851 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Evidence de la réponse de saint Augustin : en quel sens il a dit lui-même que les enfants étaient innocents.

Ce fondement supposé, la réponse de saint Augustin ne souffre point de difficulté; puisqu'ayant prouvé par saint Chrysostome qu'il reconnaissait dans les baptisés des péchés postérieurs que nous ajoutons à celui qui nous vient d'Adam, il n'y avait rien de plus naturel que de croire, lorsf[u'il disait que les enfants n'ont point de péchés , qu'il l'entendait de ces péchés postérieurs ajoutés au premier péché par leur volonté, qui étaient ceux qu'en effet les enfants ne pouvaient avoir.

C'est pourquoi saint Augustin avait beaucoup de raison de corriger la version de Julien, qui au lieu qu'on lisait dans l'original de saint Chrysostome, que les enfants n'ont point de péchés au nombre \A[inQ\ , quamvis peccala non habentes, traduisait qu'ils ti étaient point souillés du péché, cum non si.\T coiNQuiNATi PECGATo^; co qui était faire parler saint Chrysostome bien plus généralement et plus indéfiniment qu'il n'avait fait.

Il n'y avait donc rien de plus net que la solution de saint Augustin : il dit (saint Chrysostome) que Us enfants n'ont point de péchés, c'est-à-dire propres, et c'est pourquoi, continue-t-il , nous les appelons innocents cl ancc raison, au sens que saint

1. Ilom. VI, in Coloss., u , M. — 2. Cunt. Jul., toc. cical., n. 22.

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