LIVRE IX. — TRADITION SUR LE PKGIIÉ ORIGINEL
Paul a dil de Jacob el d'Esaïi , qu'ils n'amient fait \ ni bien, ni mal, elnon en celui où il a dit qu'on eut ; pécheur dans un seuV, par le péché d'aulrui, et ' non par le sien propre.
Et pour entendre à fond celte réponse de saint Augustin^, il faut savoir qu'il y aune innocence , dans les petits enfants , que ce Père a été obligé de défendre contre les pélagiens. Pressés par cette interrogation, pourquoi on baptisait les enfants en la rémission des péchés, s'ils n'en avaient aucun; plutôt que d'avouer le péché originel avec le reste des chrétiens , ils disaient que les enfants n'étaient pas incapables de pécher par leur propre volonté , et que c'étaient de tels péchés qu'on leur remettait dans le baptême. Contre cette folle opinion, que l'Eglise ni l'humanité ne connaissaient pas, saint Augustin eut à soutenir en plusieurs endroits, l'innocence des enfants^, el le langage commun du genre humain, qui les appelait innocents. Il dit même que saint Cyprien a défendu leur innocence^, du côté des péchés qu'on peut commettre par sa volonté ; et pour cela il allègue le passage qu'on vient de voir de saint Paul , où il parle de Jacob et d'Esau comme n'ayant fait ni bien ni maP. Il pouvait aussi rapporter ce que dit le même apôtre : La mort a régné sur tous ceux qui n'ont point péché^. Il venait de dire qu'ils ont péché en Adam, et il dit aussitôt après qu'ils n'ont point péché, c'est-à-dire, comme il ajoute , qu'ils n'ont point péché en ressemblance de la prétaricatioji d'Adam, el comme l'explique saint Jérôme", aussi bien que saint Augustin**, jJO-r leur propre et particulière volonté. On peut donc dire qu'ils ont péché et n'ont point péché à divers égards; et c'est vouloir embrouiller une chose claire que de chercher ici de l'embarras.