CHAPITRE VII
Pourquoi en un certain sens , saint Chnjsostome ne donnait le nom de péché qu'au seu( péclic actuel.
Et pour pousser la chose à bout, si l'on demande à quoi servait à saint Chrysostome de distinguer l'actuel de l'originel dans cette précision; cela lui servait à montrer qu'il y avait un libre arbitre, et par conséquent un péché de propre détermination, de propre volonté, de propre choix, ce que niaient les gnostiques et les manichéens, qui attribuaient le péché à une nature mauvaise; les uns, qui étaient les gnostiques, en disant qu'il y avait des hommes de différente nature, dont quelques-uns étaient essentiellement mauvais; et les autres, qui étaient les manichéens, en attribuant le péché à ce principe mauvais qu'ils reconnaissaient indépendant de Dieu même, sans que ni les uns, ni les autres voulussent avouer un libre arbitre, ni par conséquent aucun péché qui vint d'un propre choix.
Il lui était donc important de montrer aux uns et aux autres, non-seulement qu'il y avait des péchés de propre choix , mais encore que le péché venait de là naturellement ; puisque môme le péché d'Adam, qui passait en nous avec la naissance, était dans la source et dans Adam môme un péché de propre volonté, qui dans celte précision et en ce sens, ne venait point jusqu'à nous.
C'est donc ce qui lui fait dire en un certain sens, qu'on n'a point péché en Adam. De cette manière singulière dépêcher, qui consiste dans l'acte même et dans le propre choix, cela est vrai : en excluant toute tache de péché généralement , on a vu tout le contraire dans saint Chrysostome.
Et afin de tout expliquer par un seul principe, il faut entendre qu'y ayant deux choses dans le péché, l'acte qui passe , comme, par exemple , dans un ho- ; micide l'action môme de tuer, et la tache qui de- ■ meure, par laquelle aussi celui ((ui cesse de faire l'acte, par exemple, de tuer, demeure coupable el j criminel , l'intention de saint Chrysostome est d'ex- \ dure des enfants d'Adam ce qu'il y a d'actuel dans son péché, c'est-à-dire, la manductUion actuelle du fruit défendu , et non pas ce qu'il y a d'habituel et de permanent, c'est-à-dire, la tache môme du péché, qui fait qu'aitrès avoir cessé de le commettre, on ne laisse pas d'en demeurer toujours coupable. Pour ce qui est donc de l'acte du péché