‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 65 sur 851 · ÉVÈQUE DE MEAUX · texte numérisé non relu

ÉVÈQUE DE MEAUX

Portant défense de lire et retenir le livre qui a pour titre : le Nouveau Testament de Notre SeigiNeur Jésus-Christ, traduit, etc., avec des remarques, etc.

Jacques-Bénigne , par la permission divine , évéque de Meaux, etc. Au clergé et au peuple de notre diocèse, salut et bénédiction en Notre Seigneur.

Il se répand dans la ville métropolitaine et aux environs, un livre qui a pour titre : Le Nouveau Testament de Notre Seigneur Jésus-Christ, traduit sur l'ancienne édition latine; avec des remarques littérales et critiques, etc. ; à Trévoux, etc., m. dccii. Ce livre était déjà imprimé depuis quelques mois; mais on en avait suspendu la publication jusqu'à ce qu'il fût corrigé. Quoique l'auteur ne se nomme pas , il est bien connu ; et ce n'est pas sans raison , qu'il était suspect depuis longtemps. Ses Critiques de l'Ancien et du Nouveau Testament, nous venaient des lieux où l'hérésie domine, sans avoir pu mériter l'approbation d'aucun docteur catholique ; et la Critique du Vieux Testament était à peine imprimée en France, qu'elle y fut condamnée et supprimée, après un examen bien connu de nous, par arrêt du conseil d'en-haut : tant elle parut dangereuse et pleine d'erreurs. Une traduction du Nouveau Testament donnée par un tel auteur, fit craindre aux gens de bien, ce qu'on voit en effet dans cet ouvrage ; et par la disposition de la divine Providence, le livre nous fut mis en main, du consentement de l'auteur, pour être revu dans un examen charitable. Sans en attendre l'effet, l'ouvrage a paru ; et nous nous trouvons obligé , tant par le devoir de notre charge , et pour le salut du troupeau qui nous est commis , que par des raisons particulières d'en expliquer notre sentiment.

C'était une mauvaise disposition pour traduire le Nouveau Testament, que d'en faire précéder la traduction par tant de livres qui ont paru sous le nom de Critique, où l'auteur s'est introduit malgré les pasteurs, dans le bercail de Jésus-Christ. Celui qui a atTecté cette indépendance, sans doute n'a pas voulu entrer par la porte de la mission apostolique : le portier qui est établi par le grand Pasteur des brebis ne lui a pas ouvert l'entrée : c'est un étranger qui est venu de lui-même ; et il ne faut pas s'étonner si les ministres de ce grand Pasteur ont été émus et scandalisés par sa venue, ni si sa traduction s'est attiré leur censure. Il n'était pas convenable que le troupeau de Jésus-Christ reçût l'Evangile d'une telle main, puisque même on a trouvé dans son nouvel ouvrage le même esprit et la suite des mêmes erreurs qu'il a toujours enseignées.

A CES causes, en nous conformant à la docte et juste censure donnée à Paris le quinzième de septembre 1702, le saint nom de Dieu invoqué, et n'ayant que sa crainte et sa vérité devant les yeux : Nous défendons très-expressément à tous les fidèles de noire diocèse, ecclésias-

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