‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 671 sur 851 · LIVRE DIXIK.ME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIK.ME

Semi-pélagianisme de l'aiiteiir. Erreurs imputées à saint Aufluslin. Efficace de la yrAcc. Foi de l'Eijlise par ses prières, tant en Orient qu'eu Occident.

GHAIMTRI- PREMIER.

liépéiilion des endroits où l'on a montré ci-dessus que noire auteur est un manifeste semi-pélayien, à l'exemple de Crolius.

La première erreur de ce critirpic sur l'arlicledc la grâce chrétienne est, sous préloxle de suivre ranti(iuité, de s'être déclaré scmi-pélagicn. Lui cl les critiques ses semblables ont peine à reconuailrc celle secle; et il est vrai qu'elle n'a itoiril fait de schisme dans l'Eglise, à cause ([ue, toujours liée de communion avec le Sainl-Siége, à la lin elle a cédé à ses décisions; mais l'hérésie (|u'elle enseignait n'en est pas moins condanuiablo, puistiu'en effet elle a été condanmée par les Papes cl par les Conciles, nuinmémcnl par celui d'Orango, cl en dernier lieu par celui de Trente , en quoi l'Eglise a suivi le jugement de saint Augustin, où nous avons vu (pic celte créance !^mi-|iélagienne , (pi'il avait i suivie avant ((uc de l'avoir bien examinée, était

DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES

une erreur, un scnliment condamnable, damxabi- LEM sentkntiam'. On en peut voir les passages dans les pages précédentes-, et on y peut voir en nième temps que M. Simon se déclare pour les sentiments que saint Augustin rétractait, comme étant les sentiments dea anciens, dans lesquels par conséquent, les adversaires de ce Père, c'est-à-dire, ceux qu'on appelle les Marseillais ou les Provençaux, et les semi--pélagiens avaient raison de persister. Ainsi , selon les idées de M. Simon , leurs sentiments avaient tous les caractères de la vérité , et ceux où saint Augustin est mort et que toute l'Eglise a suivis, tous les caractères d'erreur. Ce Père, dit notre auteur, était seul de son avis; il abandonnait sa propre créance , qui était celle de l'antiquité : il allait en reculant, comme ceux dont il est écrit, que leur progrès est en mal, proficient in pejus^, l'Eglise qui l'écoutait comme le défenseur de la Tradition, reculait avec lui : ainsi, avec Grolius\ on lire avantage des Rétractations de saint Augustin pour s'alTermir dans une doctrine qu'il a condamnée , au lieu de s'en servir pour se corriger, et l'Eglise est reprise pour n'avoir pas approuvé la doctrine que ce Père rétractait.

Je plains Grotius dans son erreur. Nourri bors du sein de l'Eglise, dans les bérésies de Calvin, parmi les nécessités qui ôtaient à l'homme son libre arbitre, et faisaient Dieu auteur du pécbé, quand il voit paraître Arminius qui réformait ces réformes , et délestait ces excès des prétendus réformateurs, il croit voir une nouvelle lumière, el se dégoiile du calvinisme. Il a raison; mais comme hors de l'Eglise, il n'avait point de règle certaine, il passe à l'extrémité opposée. La haine d'une doctrine qui détruit la liberté, le porte à méconnaître la vraie grâce des chrétiens; saint Augustin, dont on abusait dans le calvinisme, lui déplaît; en sortant des sentiments de la secte où il vivait, il est emporté à tout vent de doctrine, el donne, comme dans un écueil, dans les erreurs sociniennes. Il s'en retire avec peine tout brisé, pour ainsi dire, et ne se remet jamais de ce débris. On trouve partout dans ses écrits des restes de ses ignorances : plus jurisconsulte que philosophe, el plus humaniste que théologien, il obscurcit la doctrine do l'immortalité de l'àme : ce qu'il y a de plus concluant pour la divinité du Fils de Dieu, il lâche de l'aiïaiblir, el de l'otcr à l'Eglise : il travaille à obscurcir les prophéties qui prédisent le règne du Christ; nous en avons fait la preuve ailleurs^. Parmi tant d'erreurs, il entrevoit f|uelque chose de meilleur; mais il no sait point f)rendre son parti, el il n'achève jamais de se purifier, faute d'entrer dans l'Eglise. Encore un coup, je déplore son sort. Mais qu'un homme né dans l'Eglise , élevé à la dignité du sacerdoce, instruit dans la soumission qu'on doit aux Pères , ne sache pas se débarrasser des erreurs semi-pélagiennes, cl ne défende saint Augustin que dans les endroits où saint Augustin plus éclairé, confesse lui-même son erreur : qu'après avoir affaibli, autant fpi'il a pu, la tradition du péché originel, il affaiblisse encore colle do la grâœ, el soutienne impunément, ii la face de tout

I. Lib. II. R-rtracl., Ub. de prœdesl. SS., c. il\,n. 7. — 2. Ci-deêi.,t. vi.c. VI, VII, XIII, xiv, xv, xvi. — '.i. II. Tim., 1(1, 13. — 4. Ci-'U»%u*, l. VI, VII. — 5. Idf;m, l. III.

I l'univers, des erreurs frappées d'analhcme, encore tout nouvellement dans le concile de Trente; c'est une plaie à la discipline que l'Eglise ne souffrira ])as.

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