CHAPITRE VII
Le critique rend irrépréhensibles les hérétiques, qui font Dieu auteur du péché, en leur donnant saint Augustin pour défenseur.
L'excuse que M. Simon prépare à nos hérétiques s'étend encore plus loin, puisqu'elle va même à les rendre irrépréhensibles en ce qu'ils font Dieu auteur du mal. Nous avons vu', pour une autre lin, quelques endroits où il attribue constamment cette doctrine impie à saint Augustin; et le premier, lorsqu'on parlant de Pelage, il s accorde, dit-il-, aiec les anciens commentateurs , dans Vinlerprclalion de ces paroles : Tradidit illos Deus, etc.. Dieu les a livrés à leurs désirs, bien qu'il soit e'ioignr de saint Augustin. Mais en quoi s'éloigne-l-il de saint Augustin? les paroles suivantes le monlrent : Cette e.rpression , poursuit-il, ne marque pas, dit Pelage, que Dieu ait lie ré lui-même les pécheurs aux désirs de leur cœur, comme s'il était la cause de leurs désordres. S'il s'éloigne de saint Augustin, en ce qu'il ne fait pas Dieu auteur des désordres, saint Augustin l'en fail donc l'auteur. Voilà, par un même coup, ce Père au rang des impies, i|ui font Dieu auteur du mal, et les hérétiques hors d'atteinle; puisqu'on ne pourra plus les condamner qu'avec un docteur si approuvé.
Nous avons aussi remarqué'* encore pour une autre lin, l'endroit oii blâmant lUicer d'autoriser, par les anciens Pères , sa doctrine sur la cause de l'endurcissement des pécheurs, il lui répond : Qu'à la réserce de saint Atiguslin , toute l'antiquité lui est contraire. Il demeure pourtant d'accord' que Bucer, LuUier et Calcin établissent également la souveraine puissance de Dieu sans avoir aucun égard au libre arbitre de l'homme; ce qui emporte que Dieu est auteur du mal comme du bien; et malgré l'imiiiélé de celle doctrine, (juclques louanges qu'il fasse semblant de vouloir donner à saint Augustin, il abandonne ce Père à ces hérésiarques, comme un docteur de néant.
On voil par là le mauvais esprit dont il est emporté. Lorsqu'il blâme les erreurs d'un côté, il les autorise de l'autre. Il est vrai qu'il parait conlrairc à la doctrine qui fait Dieu auteur du péché; mais en même temps il la met au rang des doclrines irrépréhensibles, en lui donnant un |iarlisan Il-I que saint Augustin; de sorte que plus il improu\e une doctrine , dont il rend la condamnation impossible, jdus il plaide la cause de la tolérance.
Pour donner encore plus d'aulorilé à ce sentiment inqiie, qui fait Dieu auteur du péché, il impli(pie sainl Thomas avec saint Augustin dans celle cause ^, et ose faire des leçons au dernier" sur la doctrine qu'il a établie dans les livres contre Julien, et dans celui de la Grâce et du Libre arbitre, comme s'il était l'arbitre des Ihéologicns; au lieu que bien constamment l'ignorance qu'il fail paraître
1. Ci-(tessu.i, l. V. ch., vu. — 2. P. 210. — 3. Ci-Jessus, l. vu , Ch. IV. — 1. /'. 717. — 5. P. 47,'.. - (J. /'. 2-^1;.
DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAIiNTS PÈRES.
dans ton? les endroits où il traite cette matière, fait voir qu'il ne sait pas les premiers principes.