‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 713 sur 851 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Troisième vérité , où l'on commence à expliquer les permissions divines. Différence de Dieu et de l'homme. Que Dieu permet le péché , pouvant l'empêcher.

Pour expliquer plus à fond celte doctrine des permissions divines, il faut observer en troisième lieu, qu'il n'en est pas de Dieu comme des hommes, qui sont souvent contraints de permellre des péchés, parce qu'ils ne peuvent les empêcher; mais ce n'est pas ainsi que Dieu les permet. Qui peut croire, dit saint Augustin, qu'il n'était pas au pouvoir de Dieu d'empêcher la chu le des hommes et des anges? Sans doute il le pouvait faire, et peut encore empêcher tous les pécliés que font les hommes, cl même sans blesser leur libre arbitre; puisque nous avons vu qu'il en est le maître. Saint Chrysoslome en convient avec saint Augustin , cl l'Orient avec l'Occidcnl; puisqu'ainsi que; nous avons remarque, tout l'Orient lui demande qu'il fasse bons les mauvais, qu'il fasse demeurer les bons

1. Ep. CLVii. al. Lxxxix, n. 5. — 2. /. Cor , x. 13. — 3. De dono perscv., c. vi.

dans leur bonté, et qu'il nous fasse tous vivre sa)is péché. Il pourrait donc empêcher tous les péchés, et convenir tous les pécheurs, en sorte qu'il n'y eût plus de péché; et s'il ne le fait pas, ce n'est pas qu'il ne le puisse avec une facilité toute-puissante; mais c'est que, pour des raisons qui lui sont connues, il ne le veut point.

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