‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 722 sur 851 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

yeuviènie vérité : que Dieu agit par sa puissance dans la permission du péché : pourquoi saint Augustin ne permet pas à Julien de dire que Dieu le permet par une simple patience, qui est le passage que M. Simon a mal repris.

Il est certain , en neuvième lieu , qu'en Dieu , permettre le péché n'est pas seulement le laisser faire; autrement les pécheurs feraient en péchant tout ce qu'ils veulent, ce qui est si faux, que non-seulement ils ne peuvent éviter leur damnation, ni s'empêcher de servir malgré eux à faire éclater la gloire et la justice de Dieu ; mais encore dans tout ce qu'ils font par leur volonté dépravée, la volonté de Dieu leur fait la loi, et sa puissance les lient tellement en bride, qu'ils ne peuvent ni avancer, ni reculer qu'autant que Dieu veut lâcher ou serrer la main. Il n'y a point de volonté plus puissante dans le mal, et en même temps plus livrée à le commettre, que celle de Satan; mais l'exemple de Job fait voir que, dans toutes ses entreprises, il a des bornes qu'il ne peut oulre-passer. Frappe sur ses biens, mais ne louche pas à sa personne : frappe sa personne , mais ne touche pas à sa vie ' . C'est ce que lui dit la loi souveraine à laquelle il est assujéti ; et loin que ce malin esprit puisse attenter, comme il lui plaît, sur les hommes, on voit dans l'Evangile- que toute une légion de démons ne peut rien sur des pourceaux, qu'avec une permission expresse. C'est donc une vérité constante , que la puissance de Dieu agit et se mêle dans la permission du péché ; et si saint Augustin reprend Julien d'attribuer la permission du péché , non à la puissance, mais à la patience de Dieu, per divinam PATiENWAM , c'est à causo que cet hérétique , ennemi de la puissance que Dieu exerce sur la volonté bonne ou mauvaise de la créature , ne voulait ici reconnaître qu'une simple patience , une simple permission , qui est aussi l'erreur de noire critique.

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