CHAPITRE XI
Preuves de saint .Augustin sur la vérité précédente : témoignage exprés de l'Ecriture.
Qu'ainsi ne soit : écoulons parler saint Augustin même dans l'endroit que cet auteur a repris, el voyons comment il combat ce terme de patience dans l'écrit de Julien^. C'est en montrant que si les faux prophètes se trompent , l'Ecriture dit que Dieu les séduit; c'est-à-dire, que par un jusle jugement, il les livre à l'esprit d'erreur, pour cnsuilo étendre sa main sur eux et les perdre sans miséricorde; d'où il conclut que ce n'est donc point une simple patience, mais un acte d'une cause loulcpuissante qui veut exercer sa justice. Il demande, dans le même esprit , si c'est par puissance ou par patience que Dieu prononce ces paroles : Qui séduira Achab , roi d'Israël, afin qu'il marche à Hamoth et qu'il y périsse*; el il parut un cspril qui dit : Je le tromperai, et je serai un esprit menteur dayisla bouche de tous ses prophètes; et le Seigneur dit : Tu le tromperas et tu prévaudras : ta et fais comme tu dis; passage terrible, qui nous fait voir
1. Job., I. l'i; 11. (5. — 2. Miitlh., vin; Marc, c. XIII. — 4. ///. R,<j.. XXII. -M.
DÉFENSE DE LA TrxADITION ET DES SAINTS PÈRES.
que Dieu ne laisse pas seulomenl agir les mauvais esprits, mais qu'il les envoie et les dirige par sa puissance, atln de punir, par leur ministère, ceux à qui sont dus de semblables châtiments. Cent passages de cette sorte montrent qu'il emploie sa puissance pour faire servir à sa juste vengeance ces esprits exécuteurs de ses jugements. Ainsi périt ce qui doit périr : ainsi est trompé ce qui le doit être; et il ne nous reste qu'à nous écrier avec David : Vos jwjements sont un grand abime*.