‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 759 sur 851 · Philip., I. 6. — il. IMj.de prœd. HS.,c. x. —3. Idem · texte numérisé non relu

Philip., I. 6. — il. IMj.de prœd. HS.,c. x. —3. Idem

ne cesse de lui demander. Lors donc qu'il fait en nous ces bonnes œuvres il dispense cette grâce; et lorsqu'il la prépare, il prévoit et il prédestine ce qu'il devait faire : pr/Edestinatione pr-escivit qu.e fuerat

IPSE FACTURUS'.

C'est là , en termes formels le raisonnement du prophète Amos, et de l'apôtre saint Jacques^, dans le concile de Jérusalem. Ce prophète prédit et promet la conversion des gentils, et ajoute : Voilà ce que dit le Seigneur qui fait ces choses : c'est Dieu qui convertira les gentils, par ce secours qui change les cœurs : il ne lui est pas plus malaisé de prédire que de promettre ce qu'il doit faire; et c'est pourquoi saint Jacques conclut : L'ouvrage de Dieu est connu de lui de toute éternité. Saint Augustin ne fait pas un autre raisonnement, et ne suppose pas un autre principe. Accordez-lui que c'est Dieu qui tourne les cjeurs où il lui plaît (c'est ce que vous ne sauriez lui nier après les prières de l'Eglise) : accordez-lui encore qu'il a connu et qu'il a voulu son propre ouvrage, ce Père n'en veut pas davantage sur la prédeslinalion.

Il n'y a rien de si clair, et saint Augustin présuppose aussi partout, que ce qu'il enseigne de la prédestination , esUla chose du monde la plus évidente. Dieu donne, dit-iP, la persévérance jusqu'à la fm, il a prévu que cela serait ; c'est-à-dire, qu'il donnerait la persévérance; voilà donc, poursuil-il, ce que c'est que la prédestination ; ce qu'il explique dans la suite en d'autres termes qui ne sont pas moins évidents, lorsqu'il dit'' : « C'est une erreur » manifeste de penser qu'il ne donne pas la persé- » vérance; or il a prévu qu'il donnerait toutes les » grâces qu'il avait à faire, alin qu'on persévérât, » et il les a préparées dans sa prescience : la pré- » destination n'est rien autre chose. » Un peu après il réduit celle doctrine à cet argument démonstratif : « Lorsque Dieu nous donne tant de choses, dira- » t-on qu'il ne les a pas prédestinées? De là il s'en- » suivrait de deux choses l'une, ou qu'il ne les au- » rait pas données, ou qu'il n'aurait pas su qu'il » les donnerait : que s'il est certain qu'il les donne, )) et qu'il ne soit pas moins certain qu'il a prévu » qu'il les donnerait, bien certainement il les a » prédestinées. » Il conclut par ces paroles : « Si la » prédeslinalion que nous défendons n'est pas véri- » table, Dieu n'a pas prévu les dons qu'il ferait aux » hommes : or esl-il qu'il les a prévus, donc la » prédestination que nous défendons est certaine. »

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