CHAPITRE XXVII
Prières d'Origène. Conformité de sa doctrine avec celle de saint Aurjustin.
Je rapporterai maintenant quelques prières d'Origène, où il ne fait pas moins voir l'efficace de la grâce que son maître Clément Alexandrin.
Et d'abord on peut se souvenir de la prière qu'il aurait voulu que saint Pierre eût faite pour prévenir sa chute : Seigneur, donnez-moi la grâce de ne tomber pas ^ ; et le reste que nous avons rapporté ailleurs, dont nous avons conclu la nécessité de reconnaître un secours qui aurait effectivement empêché la chute de cet apôtre^ Mais voyons d'autre? prières d'Origène.
Il y en a une dans la première homélie sur Ezéchiel, qu'il adresse à l'ange qui présidait au baptême en lui disanf' : « Venez, ange saint, recevez » cet homme que la parole a converti de son an- » cienne erreur, el le prenant en votre garde, comme
I. p. .V21. — 2. P. -ji?.. - 3. Lib. VI, p. 479. — 4. Tractai. XXXV, m Jonti. — .',. Ci-dei»un, liv. xi, ch. xx, et suiv.' — 6, Uom. I. in Ezerh ,p. 391.
» un bon médecin, Irailez-le bien comme un ma- » lade, el instruisez-le : c'est dans l'Eglise un petit » enfant qui veut rajeunir dans sa vieillesse; rece- » vez-le, en lui donnant le baplrme de la régénéra » tion, et amenez avec vous les autres anges com- » pagnons de votre ministère, afin que tous ensemble » vous instruisiez dans la foi ceux que l'erreur a » déçus. » Gomment veut-on que cet ange donne le baptême, dont il n'est pas le ministre? si ce n'est en imprimant, sous l'ordre de Dieu, les pensées qui préparent l'homme, en lui obtenant tout ensemble la grâce qui l'amènera actuellement au baptême.
Voici quelque chose de plus fort dans une prière qu'Origène met à la bouche du chrétien' : « Quel- » que parfait qu'on soit dans la foi, si votre puis- » sance manque, la foi sera réputée pour rien; » quand on serait parfait en pudicité, si l'on n'a » pas la pudicité qui vient devons, ce n'est rien; si «quelqu'un est parfait dans la justice, et dans » toutes les autres vertus, et qu'il n'ait pas la jus- » lice et toutes les autres vertus qui viennent de » vous, tout cela est réputé pour néant. Ainsi que » le Sage ne se glorifie pas dans sa sagesse, ni le » fort dans sa force; car ce qui peut donner de la » gloire n'est pas la nôtre, mais c'est un don de » Dieu; c'est de lui que vient la sagesse, c'est de » lui que vient la force et tout le reste. » Et il avait dit auparavant que ce qui était écrit de la sagesse (qu'elle venait de Dieu, comme il est porté en cent endroits, et entre autres très-expressément dans l'épître de saint Jacques) devait être appliqué à la foi^. Qui donc ne sent pas, dans cette prière d'Origène qu'on demande à Dieu la foi, la chasteté, la justice et toutes les vertus, et cela, non-seulement dans le pouvoir, mais encore réellement dans l'effet, ne sent rien. Mais il faut encore aller à de plus évidentes démonstrations dans les livres contre Celse.