CHAPITRE XXXV
Que la coopération du libre arbitre avec la (jrâce, que demandent len anciens docteurs, n'empêche pas la parfaite conformité de leur doctrine avec cette de saint Augustin.
Os objecte qu'ils ont dit souvent, et saint Clément d'Alexandrie entre les autres^,, qu'il fallait coopérer par le libre arbitre avec cette grâce, et que comme libres nous devions ôlre sauvés de nousmêmes. Il est vrai , il l'a dit ainsi dans les endroits mêmes que j'ai cités, et il l'a du dire; et saint Augustin l'a dit aussi , lorsqu'il répète cent fois que dans les touches les plus efficaces de la grâce, c'est à noire propre volonté à consentir ou à ne consentir pas. Mais il a dit en même temps, que c'est en cela que parait la toute-puissance de la grâce, qu'elle incline le libre arbitre où il lui plaît, en le laissant libre arbitre; ce qu'il prouve principalement par la prière, puisqu'on y demande à Dieu l'efrcl même du libre arbitre cl son exercice, comme une chose qu'il doit opérer par des moyens infaillibles. Or esl-il que les autres docteurs disent précisément la même chose, et font des prières où ces moyens in-
1. De don. pert>-r., c. xvm. — 2. Rom., xi. 2.— 3. Idem. — A. Lih. V. Slrom., p. 470. — 5. Lib. vi, -p. 477. Lib. vu, p. 519.
faillibles de lléchir les cœurs, que saint Augustin enseignait, sont expressément contenus, puisqu'ils y sont demandés, comme on l'a vu, par tous les exemples des prières , tant publiques que particulières , et en dernier lieu par celles de saint Clément d'Alexandrie. Par conséquent ils sont tous d'accord avec saint Augustin, et ce Père a raison de dire que la prière les concilie tous dans une seule et môme doctrine.