C. XVII
XIX, XX. — 2. Idem, c. xvui. —
DÉFENSE DE LA TTxADlTION ET DES SAIiNTS PÈRES.
qui ne peut ni se tromper, ni être change'e. Quand il dispose ses œuvres futures, il dispose en mémo temps les noires qui y sont comprises ; cl ainsi , la proscience de nos œuvres , comme opérées de Dieu même par dos moyens infaillibles , fait la première partie de la prédestination.
Il prouve mémo, par un passage de saint Paul*, que la prédestination est appelée prescience. Dieu, dill'Apotre-, n'a pas rejeté son peuple qu'il a coniiu dans sa prescience. Saint Augustin démontre par toute la suite, que ce peuple prévu de Dieu, est le peuple prédestiné qu'il a prévu qu'il formerait par l'etTel certain de sa grAce; et ce Père conclut de là^, que si quelques interprètes de l'Ecriture, en parlant de la vocation des élus, l'ont appelée une prescience, ils ont entendu par là la prédestination elle-même, et ont mieux aimé se servir du terme de prescience, parce qu'il était plus intelligible, et que d'ailleurs il ne répugnait pas , mais plutôt qu'il contenait parfaitement à la doctrine de la prédestination de la grâce.
Voilà donc un beau dénouement de saint Augustin sur la doctrine des anciens. Un grand nombre d'eux, et Clément Alexandrin, autant et plus que les autres, ont dit que la prédestination était fondée sur la prescience'', et encore sur la prescience de nos bonnes œuvres futures. Si c'est une prescience de nos bonnes œuvres, que nous devions faire, sans que Dieu nous y inclinât par des moyens infaillibles, ils sont contraires à saint Augustin; mais si c'est une prescience de nos bonnes œuvres, comme faites par des moyens infaillibles préparés de Dieu, c'est précisément et rien plus ce que demande ce Père. Or est-il que visiblement ils entendent que nos bonnes œuvres sont prévues de Dieu , comme devant être faites par des moyens infaillibles préparés de Dieu, comme il a été démontré par leurs prières et par celles de l'Eglise; par conséquent la prescience qu'ils ont établie , loin de répugner à saint Augustin et à la prédestination qu'il a établie, y est parfaitement conforme.