CHAPITRE XVI
Récapitulation. — Explication d'un passage oii saint Augustin semble nier l'universalité de la grâce.
Et pour réduire maintenant en termes précis et scolastiques ce que nous avons appris de saint Augustin et des conciles, il est certain, premièrement, que tous les justes ont, par la grâce de Dieu, le pouvoir de demeurer dans la justice s'ils le veulent : ce sont les propres termes que nous avons dans saiat Augustin. Et il est certain en second lieu , par le même saint Augustin et parles mêmes conciles, à qui celui de Carthage où était ce Père en a montré le chemin, que ceux qui demeurent actuellement dans la justice, et surtout ceux qui y demeurent jusqu'à la fm de leur vie , ont reçu de Dieu une grâce particulière qui les y fait demeurer actuellement. 11 est certain, en troisième lieu, selon saint Augustin, que les fidèles ont besoin de cette grâce qui donne l'acte , parce que c'est celle qui sauve seule et qu'il faut que tous les fidèles la demandent.
Il est certain , en quatrième lieu , qu'on peut dire de cette grâce en un certain sens très-bon et trèscatholique, qu'elle est nécessaire pour ne point tomber, et que sans elle on n'est pas capable de persévérer dans la justice, puisque selon la remarque que nous devons à Vasquez , ce sont les expressions ou plutôt les décisions de deux grands papes , saint Innocent et saint Célestin '.
En cinquième lieu, il est certain, selon le même Vasquez qui l'a pris de saint Augustin, qu'on peut dire que sans cette grâce qui donne l'acte et l'effet, on ne peut croire , puisque c'est celle qui étant décrite par Jésus-Christ , comme on a vu , sous le nom de grâce qui tire et de grâce qui donne de croire, a reçu en même temps ce témoignage de Jésu.s- Christ môme que sans elle on ne peut venir à lui.
En sixième lieu, on doit dire que si on ne le peut pas, c'est à cause qu'on ne le veut pas ou qu'on ne