‹ Œuvres complètes de Boufflers (volume 2)Chapitre 103 sur 134 · LIBRE · texte numérisé non relu

LIBRE

DE L'ODE D'HORACE, Otiitm divos.

Environné d'ecueils, dans l'horreur des ténèbres, Quand le navire cède à la fureur des flots , Le nocher vers les dieux pousse des cris funèbres, Et leur demande le repos.

Le Thrace belliqueux et le Mède sauvage Demandent le repos au milieu des combats; Nous le demandons tous; mais de tout l'or du Tage En vain on le paîrait , il ne s'achète pas.

Le riche , tourmenté de secrètes alarmes , Sous ses lambris dorés n'a pas un jour serein : Et la crainte, au travers des faisceaux et des armes. Vient saisir le tyran dans son palais d'airain.

Au sage les trésors ne sont pas nécessaires; Content de posséder la paix et la santé , 11 vit dans ses foyers comme ont vécu ses pères, Modeste imitateur de leur simplicité.

Pourquoi ces longs projets dans cette courte vie ; Nous n'avons qu'un instant , hâtons-nous d'eu jouir. Malheur à l'insensé qui fuit de sa patrie! Il trouvera partout celui qu'il cherche à fuir.

Pour trop fidèle escorte en ses tristes voyages Il tramera l'ennui par cent pays divers : Aussi prompt que le vent qui chasse les nuages, L'ennui le poursuivra sur les plaines des mers.

Aux soins de l'avenir l'esprit ne peut suffire ; Recevons chaque jour comme un nouveau bienfait , Qu'à nos maux la gaîté mêle son doux sourire : Il ne faut pas compter sur un bonheur parfait.

La mort trancha trop tôt les beaux destins d'Achille Tithon dans les regrets vit prolonger les siens; Et peut-être, Grosphus, que la Parque me file Des jours plus heureux que les tiens.

Le hasard , la nature et les arts t'obéissent : Tes coursiers en Elide ont remporté le prix ; Dans les prés de Sicile au loin tes bœufs mugissent, Et Tyr a pris le soin de teindre tes habits.

Moi, je reçus du ciel un moins riche héritage : Mais les Grecs m'ont transmis leur lyre avec leurs chants;

Et, satisfait de mon partage, Je sais rire des sots et me passer des grands.

DE L'ODE D'HORACE, Reciiiis vives, Licinî.

Entre les deux excès la raison cherche un point ; Le nocher craint l'ëcueil aussi bien que l'orage. Sans risque en pleine mer on ne s'élève point; Et sans risque on ne peut s'approcher du rivage.

Heureux qui sait priser la médiocrité, Et qui , du seul vrai bien satisfait pour la vie, Loin à la fois du faste et de la pauvreté , JN'excitera jamais la pitié ni l'envie!

Le vent aime à briser le chêne audacieux ; C'est au sommet des monts que frappe le tonnerre Et ces superbes tours qui menacent les cieux Avec plus de fracas s'écrouleront sur terre.

Le sage , qui prévoit le retour du destin , Espère aux jours de deuil , et tremble aux jours de fête. Il sait que rien n'est stable , et que la même main Forme et dissipe la tempête.

TRADUCTIONS. -^ig

Souvent les dons du ciel suivent de près ses coups : A qui pleure aujourd'hui demain il peut sourire. Phébus laisse aux neuf Sœurs enchaîner son courroux, Et détendre son arc pour remonter sa lyre.

Montre donc un front calme au sort trop rigoureux : Pour qui souffre avec force il se rend plus traitable ; Mais, devenu prudent en devenant heureux, Songe à te défier d'un vent trop favorable.

t3o TRADUCTIONS.

IMITATION

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