I. If on recueillie
33o VOYAGES.
sûr que Paris me dédommagerait de la Corse, et
vous de Paoli.
Un obstacle imprévu me force
De renoncer à mes projets.
Je reviens , en pensant que le héros français ^
Est aussi bon à voir que le héros de Corse.
A toute gloire il a des droits ,
Tout s'anime sous ses auspices.
Gai comme le plaisir, sage comme les lois ,
Il a l'art de faire à la fois
Nos affaires et nos délices.
Il veut le bien de ses amis ;
Il fait le bien de son pays.
Sa politique est sans mystère :
Du soleil l'aigle ne craint rien.
Il a deux passions^ dont l'une est de bien faire,
Et l'autre de faire le bien.
En quittant son travail , il est sujet à dire
Plus de bons mots qu'il n'en entend.
Il sait gouverner, il sait rire :
Deux choses qu'un ministre ignore assez souvent.
Voilà beaucoup de vers, M. le duc; peut-être n'y en a-t-il pas un de bon. S'ils trouvent grâce devant vous, je ne les croirai pas bons pour cela, parce que vous êtes trop bon pour être bon juge; et s'ils sont décidés mauvais, je pourrai corriger ou effacer toutes les expressions; mais je ne puis en conscience rien changer au sens.
M. le duc peut imaginer tout mon respect pour
le secrétaire-d'état chargé du département de la guerre; mais il ne saura jamais tout l'attachement que j'aurai toujours pour sa personne. Je vais tout doucement en Lori*aine, où j'attendrai vos ordres, et j'obéirai avec grand plaisir à ceux qui m'appelleront auprès de vous.