‹ Œuvres complètes de Boufflers (volume 2)Chapitre 15 sur 134 · STANCES DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

STANCES DE VOLTAIRE

SUR LA PIÈCE INTITULÉE lE CŒUR.

Certaine dame honnête, et savante, et profonde,

Ayatit lu le Traité du Cœur, Disait en se pâmant : Que j'aime cet auteur ! Ah! je vois bien qu'il a le plus grand cœur du monde.

De mon heureux printemps j'ai vu passer la fleur. Le cœur pourtant me parle encore.

Du nom de Petit-Cœur quand mon amant m'honore. Je sens qu'il me fait trop d'honneur.

Hélas ! faibles humains , quels destins sont les nôtres ! Qu'on a mal placé les grandeurs !

Qu'on serait heureux si les cœurs Etaient faits les uns pour les autres !

Illustre chevalier, vous chantez vos combats.

Vos victoires et votre empire ; Et dans vos vers heureux, comme vous pleins d'appas,

C'est votre cœur qui vous inspire.

Quand Lisette vous dit : Rodrigue, as-tu du cœur? Sur l'heure elle l'éprouve , et dit avec franchise :

Il eut encor plus de valeur

Quand il était homme d'église.

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