LYSE
Nous voulons que Dieu nous rende raison des choses qu'il nous révèle; mais de quel droit le voulons-nous?
Présomption et orgueil qui a précipité dans l'abîme tant d'hérésiarques et leuis sectateurs. Exemple de Luther et de Calvin. Au lieu de s'humilier en se soumettant à l'Eglise, ils ont voulu se faire juges de l'Eglise. Ils l'ont rejetée, et lui ont substitué un fantôme d'église.
Châtiment de Dieu , qui permet que les orgueilleux tombent dans les plus grandes erreurs et qu'ils s'y obstinent.
Le grand moyen de réduire une infinité d'esprits , n'est pas de disputer et de raisonner avec eux; mais ce serait de leur inspirer plus d'humilité.
On parle avec trop de liberté de tout ce qui a rapport à la foi.
Gon3''rvons l'avantage que nous avons toujours eu sur les hérétiques, qui est l'humilité de la foi. Avis de saint Jérôme.
COMME je De vous dissimule point mes sentiments, et qne d'ailleurs , vous me faites l'honneur de m'écouter et de bien prendre ce que je vous dis, je ne vous cèlerai point que je vous trouve un peu trop porté à vous élever conti'e les décisions de l'Eglise, touchant des matières qui , depuis longtemps, ont été agitées avec toute la réflexion nécessaire, et sur lesquelles le Saint- Siège a prononcé. Vous en raisonnez, vous en disputez, vous vous échauffez même quelquefois, et il vous paraît étrange que pour couper court à des contestations qui n'auraient point âe fin, on se contente de vous répondre en un mot, qu'il n'est plus temps d'examiner, mais de se soumettre. Cependant , cette réponse n'est pas moins solide ni moins vraie, qu'elle est courte et décisive; et vous la goûteriez davantage si vous aviez ce que j'appelle l'humilité de la foi. Avec cette humilité de la foi, que de raisonnements tomberaient tout à coup l que de difficultés s'évanouiraient! que de
* Cette instruction regarde une personne peu soumisfl aux décisions de l'Eglise.
disputes cesseraient ! Car, sans prétendre parler de vous en particulier, on a toujours remarqué que, dans ces sortes de divisions au regard de la doctrine, il se mêlait un orgueil secret qui servait infiniment à les entrelenir. Je m'estimerais heureux si je contribuais à vous préserver de cet écueil , et j'espère que ce qu'il m'est venu en pensée de vous écrire, n'y sera pas inutile. Du moins vous ferat-il voir la nécessité d'une foi humble : je veux dire, que sans une solide humilité, il n'est pas possible de conserver une foi bien pure.
I. Vous devez remarquer d'abord , qu'il y a deux choses à considérer dans la foi : ce que nous croyons, et la manière dont nous le croyons. L'un est comme la matière de notre foi, et l'autre en est com.me la forme. Or, l'un et l'autre a une connexion essentielle avec riiumilifé, et ne subsiste que sur le fondement de l'humilité. Car ce que nous croyons, c'est-à-dire, les humiliations d'un Dieu et les maximes luimiliantes de son Evangile, qui sont les principaux objets d(! notre foi, pour êlre crues, demandent nécessairement de notre part une préparation de cœur et une pieuse atfeclion à l'humilité; et la manière dont nous les croyons, n'est rien autre chose qu'un exercice continuel d'humilité. D'où je conclus que c'est donc particulièrement l'humilité qui entrelient ce divin commerce qu'il y a entre Dieu et nous par le moyen de la foi, lorsque Dieu nous parle et que nous croyons à sa parole. Vous pourrez mieux entendre ceci par l'éclaircissement -que j'y vais donner.
II. Ce que nous croyons se réduit surtout à des mystères et des m;iximes : or, ces mystères et ces maximes ne sont la plupart que des mystères et des maximes d'humilité. Un Dieu fait homme et par là un Dieu humilié jusqu'à l'anéantissement; un Dieu incarné dans le sein d'une vierge, comme dans le sein de l'humilité; un Dieu né dans une élable et couché dans une crèche, comme dans le berceau de l'humilité ; un Dieu inconnu , méprisé sur la terre, et y vivant comme dans le. séjour de l'humilité; un Dieu mourant sur la croix, comme sur le théâtre de l'humilité; un Dieu présent sur nos autels, mais caché sous de viles espèces, comme dans le sacrement de l'humilité : voilà les grands mystères que notre foi nous propose. De plus, un Dieu ne nous préchant que l'humilité, ne j)romettant presque ses récompenses qu'à l'humilité, n'agréant nos services et n'acceptant tous nos mérites qu'autant qu'ils sont fondés sur l'humilité; nous donnant pour règles, de nous abaisser, de fuir la grandeur et l'élévation , de prendre partout les dernières places, de préférer aux honneurs les mépris, les outrages, ies calomnies : voilà les plus communes maximes de notre foi. Or, comment serat-il possible que notre esprit se persuade bien tout cela, et qu'il croie tout cela d'une foi bien vive, à moins qu'il n'y ait dans notre cœur quelques principes d'humilité, et que , par l'humilité, il ne surmonte sur tout cela ses répugnances naturelles? D'autant plus que c'est du cœur et de la volonté que la foi dépend. Car notre foi doit être libre , et nous ne cioyons par une foi divine que ce que nous voulons croire. Il faut donc un acte du cœur et de la volonté , qui détermine l'esprit à croire. El si c'est un cœur vain, un cœur orgueilleux et présomptueux, sera-t-il en état de faire les efforts
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nécessaires pour obliger l'esprit de croire dés vérités qui, toutes , condamnent son orgueil et sa présomption? C'est pourquoi , le Fils de Dieu reprochant aux Juifs leur incrédulité, au lieu de leur dire qu'ils ne voulaient pas croire en lui, leur disait en termes plus forts , qu'ils ne pouvaient pas même croire en lui , et cela , parce qu'ils étaient remplis d'orgueil , et qu'ils ne cherchaient que l'honneur du monde. Ce n'est pas , remarque saint Chrysostome , qu'ils manquassent de lumières, ni qu'absolument ils ne pussent avoir la foi : car, Jésus-Christ alors ne leur eût pas fait ce reproche; mais c'est que l'orgueil qui les po. cédait, et dont ils ne voulaient pas se défaire, les mettait dans une espèce d'impuissance de croire, et que celte impuissance étant volontaire dans sa cause , elle devenait criminelle dans son effet. Combien y a-l-il de prétendus chrétiens, à qui je pourrais adresser ces mêmes paroles du Sauveur : Le moyen que vous puissiez croire, vous qui vous laissez aveugler par la passion de Vhonneur (Joan. 5)? Ce n'est pas qu'ils ne croient les mystères de la religion et les maximes de l'Evangile, d'une certaine foi vague et superficielle; du moins font-ils profession de les croire, puisqu'ils se disent chrétiens. Mais en vérité , quand on les voit si entêtés des vanités du siècle, de l'estime du siècle, des pompes du siècle, si entêtés d'eux-mêmes et de leur propre mérite, peut-on penser qu'ils croient réellement, qu'ils croient solidement, qu'ils croient fermement des mystères et des maximes , qui ne les portent qu'à s'avihr dans l'opinion des hommes et qu'à s'anéantir.
III. Je n'insiste pas davantage sur cet article , mais je m'attache à l'autre, où l'humilité me paraît encore tout autrement nécessaire: c'est la manière dont nous croyons. Car, qu'est-ce que la foi , et en quoi consiste la foi? Elle consiste à croire sans voir : Heureux ceux qui n'ont 'point vu, et qui ont cru (Joan. 20). Elle consiste à croire ce qui nous est révélé, et non pas de Dieu même immédiatement , mais par le ministère des hommes et par l'organe de l'Eglise : Quiconque refuse d'écouter V Eglise , regardez-le comme un païen et un puhlicain (Matth. 18). Voilà l'idée que les Apôtres, après Jésus- Christ, que tous les théologiens nous donnent de cette vertu; en voilà l'essence et la nature. Or, ne sont-ce pas là les actes d'humilité les plus excellents et les plus parfaits dont soit capable une créature raisonnable, aidée de la grâce de Dieu? Croire ce qu'on ne voit pas, ce qu'on ne comprend pas, ce qui contredit tous nos sens, tous nos préjugés, toutes nos connaissances naturelles. Ce n'est pas assez : le croire, à la vérité, parce qu'il est révélé de Dieu ; mais du reste , sans autre évidence de cette révélation , sinon que des hommes comme nous le déclarent ainsi! Je dis des hommes comme nous : non pas qu'ils ne soient d'ailleurs, et qu'ils ne doivent être distingués de nous par l'autorité divine dont ils sont revêtus, et que nous sommes obligés de reconnaître et de respecter dans eux, mais après tout, à n'en juger que par les apparences, que par les dehors, que par les yeux, nous n'y apercevons rien qui nous représente autre chose que des hommes semblables à nous. Ce sont là ceux qui composent avec le reste des fldèles l'Eglise de Jésus- Christ; ce sont ceux qui la gouvernent au nom de Jésus-Christ, et c'est à lei:rs décisions que nous devons nous soumettre purement
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et simplement, je veux dire, sans autre preuve , sinon que ce sont des décisions (^'manées de leur tribunal. Une pareille soumission, dis-je , un tel sacrilice de toutes nos lumières et de toutes nos vues, n'est-ce pas la plus grande humiliation de l'esprit humain?
IV. (Test en ce sens que le Fils de Dieu nous a dit dans l'Evangile : Si vous ne devenez semhlaoles à des enfants^ vous n'entrerez jamais dans le royaume des deux {Us^ilh. 18). Car, selon les interprètes, ce royaume des cieux , c'est l'Eglise militante sur la terre, et triomphante dans le ciel. Afin donc que nous soyons de cette Eglise, il faut nous rendre enfants; et par où enfants, demande saint Augustin? par la foi. En effet, poursuit ce saint docteur, un enfant n'est différent d'un homme que parce qu'il n'a encore aucun exercice de sa raison , ou qu'il n'en a que très-peu d'usage. Il croit, mais il ne raisonne point ; et c'est justement ce que la foi opère dans nous. Quand Dieu a une fois parlé, ou par lui-même directement, ou plus communément par son Eglise, la foi nous défend de douter, d'exp.miner, d'user d'aucune recherche; mais elle nous fait un commandement de croire. Ainsi , elle nous réduit à une espèce d'enfance; et le moyen que nous nous y réduisions nous-mêmes par une obéissance chrétienne , si nous ne sommes vraiment humbles?
V. C'est encore en ce même sens et selon cette même idée de la foi , que l'apôtre saint Paul nous la dépeint comme une sainte servitude, où nous tenons notre entendement lié , pour ainsi dire , et enchaîné. Que veut-il par là nous faire entendre? Saint Chrysostome l'explique d'une manière très-ingénieuse et très-littérale. Voyez , dit ce Père , la condition et l'état d'un prisonnier : il n'est plus en pouvoir d'aller où bon lui semble, ni où il lui plaît; il se trouve resserré dans un lieu obscur et ténébreux, sans qu'il lui soit permis de faire un pas pour en sortir, et s'il fait le moindre effort pour se tirer de cette captivité, on le traite de rebelle. Tel est l'assujettissement de la foi. Notre esprit a une faculté naturelle de se répandre sur toutes sortes d'objets, de s'élever à ce qui est audessus delui , d'aller rechercher les choses les plus cachées, de passer d'une connaissance à l'autre, de faire toujours de nouvelles découvertes. C'est là, si j'ose m'exprimer de la sorte, un de ses plus beaux apanages, c'est là qu'il met sa principale gloire, et c'est de quoi il est le plus jaloux. De vouloir le gêner là-dessus , de vouloir le priver d'un droit qu'il se croit propre et qui flatte sa vanité, c'est étrangement le rabaisser et le dégrader. Voilà néanmoins ce que la foi entreprend. Elle lui interdit toute curiosité, toute liberté de discourir sur le fonds des vérités que Dieu nous révèle , et par là elle le tient captif et sous le joug. Que l'humilité vienne à lui manquer, demeurera-t-il dans cette sujétion , et ne cherchera-t-il pas à s'affranchir d'un empire dont son orgueil est blessé ?
VI. Il est certain, et l'expérience nous le fait bien voir, que c'est en cela que la soumission nous paraît plus difficile et moins supportable. Dans tout le reste, nous nous assujettissons et nous nous captivons. Dans nos affaires, dans nos emplois, jusque dans nos divertissements et dans nos inclinations, même les plus fortes, nous nous faisons tous les jours violence. Mais s'agit-il de nos sentiments, et des opinions particulières dont nous nous sommes lais-
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fiés prévenir? nous ordonne-t-on de les déposer et de les renoncer par le seul respect d'une autorité supérieure? c'est alors qu'il se forme en nous mille contradictions et mille révoltes d'esprit; rt ces contradictions intérieures, ces révoltes sont telles, que souvent ni la raison, ni le devoir, ni la crainte, ni l'espérance, ni la nécessité, ni la force, ne sont pas capables de les surmonter. D'où vient cette dillérence, et d'où arrive-t-il que nous soyons si dociles sur toutes les autres choses, et si peu sur ce qui est opposé à nos idées et à nos préjugés? C'est que la docilité et la condescendance sur toutes les autres choses ne porte poin. oïdinairement avec soi un caractère d'humiliation, et qu'au contraire elle passe pour honnêteté, pour civilité, pour bon!é : au lieu que de désavouer ses pensées et de les quitter, pour s'attacher à d'autres qu'on nous oblige de prendre, et pour s'y conformer, c'est reconnaître qu'on se trompait, qu'on s'égarait, qu'on n'était point assez éclairé, ni assez bien instruit pour se conduire soi-même; et voilà ce que notre présomption ne peut soutenir, de quoi elle ne peut convenir, à quoi Ton a toutes les peines imaginables de la résoudre et de la faire consentir.
VIL Prenez garde, s'il vou>^ plaît : je dis pour s'attacher à d'autres sentiments, et à d'autres pensées, qu'on nous oblige de prendre. Car, si c'est de soi-même qu'on vient à changer d'opinion , si c'est avec une pleine liberté de choisir celle qu'on veut , et qu'on retienne toujours sa première indépendance, il n'y a rien là qui choque notre orgueil , et c'est pourquoi notre esprit n'y répugne plus. On se fait même une gloire d'être revenu de son erreur, d'avoir mieux approfondi tel point qu'on n'avait pas assez pénétré, d'avoir eu des vues plus justes, et d'avoir enfin découvert la vérité. Mais, encore une fois, il faut que tout cela soit de nous-mêmes , c'est-à-dire, que ce soit nous-mêmes qui jugions, nous-mêmes qui décidions, nous-mêmes qui nous détrompions. Si c'est un autre qui veut là-dessus nous diriger et nous entraîner dans son sentiment, surtout si c'est une puissance même légitime , et à laquelle nous sommes subordonnés, qui exige de nous ce témoignage de dépendance et d'obéissance, ce sera assez pour nous obstiner plus que Jamais dans no? préventions : et sans le secours d'une humilité sincère et religieuse, on ne peut guère se promettre de nous, que nous nous démettions de la possession , où nous nous croyons bien établis, de nous en rapportera nous-mêmes, et d'être maîtres de nos jugements.
VIII. Fausse et malheureuse possession, qui a fait dans les siècles passés, et qui fait encore de nos jours tant de libertins en matière de créance. Ne croire que ce que l'on voit, ou que ce que l'on connaît par l'évidence naturelle; ne consulter là-dessus que soi-même , et ne déférer à nul autre que soi-même, voilà le premier principe de l'orgueil de l'homme. On veut comprendre les choses de Dieu avant que d'y ajouter foi ; et Dieu nous dit par son prophète : Je veux que vous les croyiez avant que vous les compreniez. Pourquoi cela? c'est, remarque saint Augustin, que l'intelligence des choses de Dieu est un don de grâce, qui doit être mérité par l'humilité de la foi, et qui est la récompense de la foi. Les prétendus esprits forts du inonde voudraient que Dieu les gouvernât par la raison, et Dieu
leur répond : Je veux que ce soit la foi qui vous gouverne , ou plutôt, je veux moi-même vous gouverner par la foi. Toutes sortes de considérations l'y engagent, mais en particulier celle-ci : qu'étant d'aussi faibles et d'aussi petites créatures que nous le sommes , il n'est pas juste que nous soyons les juges et les arbitres de ce qui concerne ses adorables mystères et ses impénctrabh^s conseils : que si c'était par la raison que nous fussions conduits, ce ne serait point précisément à sa divine parole que nous nous soumettrions ^ mais qu'avec cette raison qui nous servirait de guide, nous jugerions de sa parole même, et nous nous érigerions un tribunal audessus de lui ; ce qui sans doute ne nous appartient pas, ni ne nous peut jamais appartenir.
IX. Quoi donc, dit un sage du monde , n'ai-je pas droit de demander la raison des choses que Dieu me déclare , ou qu'on me déclare de sa part, et qu'on m'ordonne de croire? Hé ! qui vous aurait donné ce droit? et pourquoi voudriez-vous vous l'attribuera l'égard de Dieu et de l'Eglise de Dieu , lorsque tous les jours et en mille sujets, vous croyez de simples hommes, sans caractère et sans autorité , sur leur seule parole? Combien y a-t-il de choses dans l'univers qui vous sont inconnues, et dont néanmoins vous ne doutez, pas, parce que vous vous en rapportfîz au témoignage des savants? Il est étrange, dit saint Hilaire, que nous soyons si humbles dans la profession que nous faisons de ne pas savoir la plupart des secrets de la nature , et qu'il n'y ait qu'à l'égard des mystères de Dieu et des points de la religion que nous fassions paraître une ignorance présomptueuse et pleine d'orgueil.
X. Nous savons en quels abîmes cette dangereuse présomption et cet orgueil ont précipité tant d'hérésiarques et leurs sectateurs , nous savons à quelles extrémités et à quels excès ils se sont portés. Ils ont mieux aimé abandonner la religion de leurs pères , déchirer le sein de leur mère, qui est l'Eglise, être séparés de la communion de leurs frères qui sont les fidèles, passer pour des analhèmes dans le monde, voir le trouble et la confusion qu'ils causaient, que de se relâcher d'un sentiment erroné et nouveau, dont ils étaient préoccupés. S'ils avaient pu dire une fois : Je me suis trompé, je me suis trop laissé remplir de mes pensées, et je ne devais pas m'y attacher avec tant d'opiniâtreté : s'ils avaient- pu, dis-je, parler de la sorte, et agir ensuite conformément à cet aveu, "^ combien de maux cette humble confession eût-elle arrêtés? Dieu en eût tiré sa gloire, l'Eglise en eût été édifiée , la foi en eût triomphé , et euxmêmes ils s'en seraient fait devant tout le peuple chrétien une couronne de mérite et d'honneur. Mais il eût fallu pour cela s'humilier et se soumettre; et l'esprit d'orgueil qui les dominait n'a pu supporter la moindre sujétion, ni la moindre humiliation. Il ne leur est donc plus resté, dit Vincent de Lérins, d'autre parti à prendre que celui de l'apostasie et de l'infidélité.
XI. C'est celui qu'ont pris Luther et Calvin. Ils n'ont pu se résoudre à reconnaître celte loi trop humiliante pour eux , de recevoir les révélations de Dieu par l'entremise des hommes; et afin de secouer ce joug, ils ont substitué à l'Eglise un esprit particulier, par qui ils prétendaient être instruits de tout , et sans lequel ils ne