DEUXIÈME PARTIE
Ce n’est pas sans raison que l’Apôtre écrivant à son disciple Timothée, et lui apprenant à former les mœurs des premiers fidèles , parmi les autres maximesqu’ilétablissoit, et dont ilvouloit qu’ils fussent instruits, lui recommandoit particulièrement d’ordonner aux riches de ce monde de n ’ètre point or gueilleux : Divitibus hujus seculi prcecipe sublime non sapere. 1 Comme s’il lui eût dit, selon l’explication de
* Bernard. — * 1. Tim. 6.
saint Chrysostûme : rien de plus dangereux pour un chrétien, que la possession des richesses ; et plût au ciel que la pauvreté évangélique fût le partage de tous ceux qui professent l’Évangile. Mais si, par un ordre d’en haut, et par la disposition de la Providence, il arrive qu’il y ait des riches parmi nous, au moins parlez-leur en homme de Dieu ; et bien loin de les flatter sur le bonheur de leur état, obligez-les à s’humilier et à trembler, dans la vue des malheurs qui les menacent et qu’ils ont à prévenir. Il savoit , ajoute saint Augustin , que l’esprit du christianisme est essentiellement opposé à l’esprit d’orgueil ; et d’ailleurs il n’ignoroit pas que l’esprit d’orgueil, sans un miracle , est comme inséparable des richesses. C’est pour cela qu’il employoit avec tant de zèle l’autorité que Dieu lui avoit donnée , pour soumettre les riches du siècle à cette sainte et divine loi , de n’avoir jamais des pensées trop hautes, et de ne pas abuser de leur condition au mépris de leur religion : Divitibus hujus seculi præcipe sublime non supere.
En effet , Chrétiens , les richesses inspirent naturellement , surtout à un cœur vain et plein de lui-même , deux sentimens d’orgueil; le premier , à l’égard des hommes, au-dessus de qui il crûit avoir droit de s’élever ; le second, à l’égard de Dieu , qu’il ne connoit plus qu’à demi , et dont il semble qu’il ait secoué le joug. Orgueil envers les hommes,
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que nous appelons suffisance et fierté; orgueil envers Dieu , qui dégénère en libertinage et en impiété ; l’un et l’autre, suite si naturelle de l’abondance et de la possession des biens, qu’il n’y a que la grâce de Jésus-Christ qui puisse nous en préserver.
Orgueil envers les hommes; car il suffit detre riche, pour tirer, quoique injustement , toutes ces conséquences avantageuses : qu’on n’a plus besoin de personne; qu’on doit tenir tout le monde dans la dépendance ; qu’on peut , sans obstacle et sans contradiction , se rendre délicat , impérieux , bizarre ; qu’on est au-dessus de la censure , et comme en pouvoir de faire impunément toutes elioses ; qu’on est sûr de l’approbation et de la louange, ou, pour mieux dire, de l’adulation et de la flatterie; que, sans mérite, on a ce qui tient lieu de tout mérite. Conséquences dont se laissent infatuer, non-seulement les esprits populaires et bornés , mais les sages mêmes, et ceux qui , du reste, auraient de la solidité ; en sorte que les uns et les autres, éblouis de l’éclat qui les environne , et enivrés de leur fortune , se disent à eux-mêmes, aussi bien que le Pharisien : Non sum sicut ceteri hominum,' je ne suis pas comme le reste des hommes , et le reste des hommes n’est pas comme moi. Reprenons , Chrétiens , et mettons tout ceci dans un nouveau jour.
■ Luc. i tk
N’avoir besoin de personne, premier effet de l'opulence , et disposition prochaine et infaillible à mépriser tout le monde. Dans l’indépendance où se trouve le riche mondain, et dans l’état où le met sa fortune de se pouvoir passer du secours d’autrui , de l’amitié d’autrui, des grâces d’autrui, il ne considère plus que lui-même, et il ne vit plus que pour lui-même. Affabilité, douceur, patience, déférence, ce sont des noms qu’il ne connoit point, parce qu’ils expriment des vertus dont il ne fait aucun usage, et sans lesquelles il a de quoi se soutenir. Qu’ai-je affaire de celui-ci , et que me reviendra-t-il d’avoir des égards pour celui-là? Enflé qu’il est de ce sentiment , il ne sait ce que c’est que de céder, que de s’abaisser, que de plier, dans des occasions néanmoins où la charité et la raison le demandent; et, comme l’amour-propre est le seul ressort qui le fait agir, n’étant jamais humble par indigence et par nécessité , il ne l’est jamais par devoir et par piété.
Voir tout le monde dans la dépendance, c’est-àdire se voir recherché de tout le monde, redouté de tout le monde , obéi de tout le monde , autre effet de la richesse ; et qu’y a-t-il de pluspropreà entretenir la présomption d’une âme superbe ? On sait bien que l’humiliation d’un riche , s’il vouloit se rendre justice, serait de penser quels sont ces serviteurs , et ces amis prétendus dont il se glorifie; amis, ser-
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viteurs que le seul intérêt conduit, et qui, s’attachant à sa fortune, n’ont souvent qu’un fonds de mépris et qu’une secrète haine pour sa personne. Mais l’orgueil, ingénieux à se tromper, ne laisse pas de profiter de cela même , se faisant , sinon une douceur, au moins une gloire, d’avoir sous ce nom d’amis beaucoup de mercenaires et beaucoup d’esclaves. S’il n’a pas de quoi se faire aimer, il a de quoi se faire craindre ; et soit qu’on l’aime ou qu’on le haïsse, c’est toujours un sujet de complaisance pour lui de voir qu’on est intéressé à le ménager. De là vient, dit le plus sage des hommes, Salomon ( morale admirable, et dont nous faisons à toute heure l’épreuve sensible) , de là vient que le riche, par-là même qu’il est riche, prétend avoir un titre pour devenir fâcheux, de difficile abord, d’humeur inégale, chagrin quand il lui plaît, impatient, colère; un titre pour rebuter les uns , pour choquer les autres , pour être à tous insupportable. S’il étoit pauvre , il n’auroit dans la bouche que des supplications et des prières, ce sont les termes de l’Écriture; mais parce qu’il est à son aise et qu’il a du bien, il ne parle qu’avec hauteur, et il ne répond qu’avec dureté ; Cum obsecrationibus loquetur pauper { dives effabitur rigide. '
Être en pouvoir de tout entreprendre et de tout faire avec impunité, troisième effet de l’abondance
• Prov. j8.
pour quiconque sait s’en prévaloir. Car où voit-on des riches , disoit Salvien , déplorant les abus de son siècle, et ne le puis-je pas dire comme lui? où voit-on des riches passer par la rigueur des lois ? dans quel tribunal les punit-on ? quelle justice contre eux obtient-on , ou espère-t-on ? quelle intégrité ne corrompent-ils pas ? quels arrêts si justes et si sévères n’éludent-ils pas? de quel mauvais pas, pour user de l’expression commune, un riche criminel et scélérat ne se tire-t-il pas hautement et tète levée ; et de quel crime si noir ne trouve-t-il pas moyen de se laver? Les lois sont pour les misérables, ajoutait le même Père ; les châtinsrens, pour ceux à qui .la pauvreté en pourroit déjà tenir lieu; mais pour les riches, il n’y a qu’indulgence, que connivence, que tolérance; l’équité la plus inflexible et le droit le plus rigoureux se tournent pour eux en faveur. Or voilà, reprend le Prophète royal, ce qui les rend fiers et insolens. Us ne sentent jamais la pointe de la correction , et ils ne sont point châtiés comme les autres hommes. On ne les reprend point, on ne les confond point, on ne les condamne point, et c’est pour cela que l’orgueil se saisit d’eux et les remplit : In laboribus hominum non sunt , et cum hominibus non fagellabuntur ideo tenait eos su-
Et comment ne seroient-ils pas au-dessus de la
' Ps. 7a.
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censure, puisque c’est assez qu’ils soient riches , pour avoir, quoi qu’ils fassent, des approbateurs? Voulez-vous savoir un des grands privilèges des richesses ? le voici , et vous l’allez apprendre de l’Ecclésiastique. Le pauvre parle avec sagesse , et à peine le souffre-t-on; le riche parle mal à propos, et on l’écoute avec respect; et ce qu’il avance imprudemment, est élevé jusqu’aux nues parles louanges qu’on lui donne : Dives loquutus est, et omnes tacuerunt , et verburn illius usque ad nubes perducent. ' Ses défauts sont des perfections, ses erreurs, des lumières : on loue, dit ailleurs le Saint-Esprit, jusques aux désirs de son cœur; c’est-à-dire jusques à ses passions, jusques à ses emportemens. Ce que l’on blâme dans les autres, est dans lui matière d’éloge et sujet de bénédiction : Quoniam laudatur peccator in desideriis anima, sua, et iniquus benedicitur,' Le texte hébraïque porte : Et dives benedicitur. Or qui pourroit résister à un air aussi contagieux, que celui de la flatterie , quand on le respire sans cesse? A force d’entendre que l’on est parfait, on se croit parfait; et à force de le croire, on devient, sans même l’apercevoir , orgueilleux et vain. Pour peu sensé que fût le riche , il renonceroit à ce faux privilège; mais l’adulation qui le perd, en lui étant l’humilité, lui ôte même le bon sens, et lui fait
> Eccli. i3. — " Ps. 9.
préférer le mensonge à la plus solide de toutes les vérités, qui est la connoissance de soi-même.
Enfin quiconque est riche, est éminemment toutes choses , et sans mérite il a tout mérite. Il est noble sans naissance, savant sans étude, brave sans valeur; il a la qualité, la probité, la prudence, l’habileté. Sans autre distinction, que l’or et l’argent qu’il possède, il parvient aux honneurs. Par-là il règne et il domine; par-là il est chéri des grands, et adoré des petits; par-là il n’y a point d’alliance où il ne prétende, point de rival sur qui il ne l’emporte ; en un mot , par-là il n’est exclu de rien et se fait ouverture à tout. Ne seroit-ce pas une espèce de prodige, s’il savoit alors se garantir de l’orgueil et se tenir dans les bornes d’une modestie chrétienne?
Cependant il n’en demeure pas là. L’orgueil envers les hommes est un degré pour s’élever jusques au mépris de Dieu ; et la possession des richesses , qui devroit être pour le riche un sujet de reconnoissance envers Dieu , de qui il les a reçues , par la corruption de son cœur, le fait tomber dans une espèce d’idolâtrie et d’irréligion. Je n’exagère point quand je dis une espèce d’idolâtrie. Saint Paul qui pensoit et qui parloit juste, à force d’employer ce terme, en a fait sur la matière que je traite, un terme non-seulement propre, mais consacré. Jamais cet apôtre de Jésus-Christ, dans le dénom-
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brement des péchés, ne spécifie l’avarice, qu’il n’ajoute , pour la distinguer, quæ est simulacrorum servitus qui est un vrai çulte d’idoles. Et pourquoi ? parce qu’il étoit persuadé, dit saint Chrysostôme, que l’argent est le dieu du riche. Oui, sdn dieu, puisqu’il l’adore; son dieu, puisqu’il espère en lui ; son dieu , puisqu’il lui fait des sacrifices ; son dieu , puisqu’il l’aime souverainement et par-dessus tout. Ce n’est donc pas sans raison que la possession des biens de la terre , je dis à l’égard d’un avare qui en est possédé lui-même, est appelée par saint Paul une idolâtrie , simulacrorum servitus. Idolâtrie de tous les temps , idolâtrie de toutes les nations et de tous les peuples, idolâtrie la plus aveugle et la plus opiniâtre que Jésus-Christ ait eue à combattre et à détruire dans son avènement au monde. Or que fait l’idolâtrie dans un esprit? vous le savez , Chrétiens : elle y ruine l’empire de Dieu ; elle y suscite une divinité étrangère qu’elle oppose à Dieu, qu’elle élève au-dessus de Dieu, qu’elle fait asseoir sur le trône de Dieu. Outrage qui passe la révolte , et qui va même au delà de l’apostasie et jusques à l’insulte.
Voilà, mes chers Auditeurs, ce que le prophète Osée a voulu nous faire comprendre dans ce fameux passage du douzième chapitre de sa prophétie : remarquez ceci ; c’est un des plus beaux
1 Colos. 3.
traits de l’Écriture. Ce prophète avoit cent fois prêché aux Juifs l’obligation de persévérer dans la foi de leurs pères ; et cent fois les Juifs avoient méprisé ses remontrances. Mais un jour qu’il leur reprochoit leur infidélité envers le Dieu d’Israël , le croiriez-vous? un homme de la tribu d’Ephraïm lui répondit avec audace , qu’il n’avoit que faire du Dieu d’Israël , qu’il en avoit choisi un autre plus à son gré , un autre dont le culte étoit plus conforme à ses inclinations, et que ce nouveau dieu c’étoit son argent; qu’il seroit désormais sa divinité , et que puisqu’il le rendoit heureux, il ne vouloitplus reconnoître que lui : Et dixit unus de Ephraïm : V erumtamen dives effectue sum ; inverti idolum mihi.' Pesez bien le sens de ces paroles. Je suis devenu riche, et, dans mes richesses, j’ai trouvé une idole pour moi. Comme s’il eût dit : Prophète, vous avez beau tonner , vous avez beau me menacer de la colère de votre Dieu , je ne vous écoute plus ; ce Dieu dont vous me parlez n’estplus le mien, jeme suis défaitdelui ; je ne l’invoque plus qu’en apparence; je ne le crains, ni ne l’aime plus. Depuis que la fortune m’a donné de quoi avoir un dieu visible, qui m’appartient, et qui n’appartient qu’à moi seul, je renonce à tout autre Dieu, pour m’attacher à celui-là. Parlez à ceux qui croient au Dieu d’Abraham , ils vous obéiront; mais pour
1 0«ée. u
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moi je m’en tiens à mon idole : V erumtamen dites effectue sum; inverti idolum mihi. Ah! Chrétiens, combien de fois ce scandale s’est-il renouvelé dans le christianisme! Tandis que les prédicateurs font tous leurs efforts pour persuader aux fidèles les vérités évangéliques, combien de riches s’élèvent secrètement contre eux ! Quoiqu’ils ne s’en expliquent pas cpmme cet impie et cet apostat, quel mépris des maximes de Dieu ne leur fait pas concevoir l’avarice qui les domine; et s’ils osoient produire leurs pensées, avec quel orgueil ne diroient-ils pas comme ce malheureux : Dites effectue sum; inveni idolum mihi. Non, non , n’espérez pas de nous convertir par votre zèle; quand vous parleriez le langage des prophètes , vous n’y réussirez jamais : nous sommes riches et dans la prospérité; avec cela , tous vos discours seront inutiles. Vous nous prêchez un Dieu , et nous en servons un autre; le vôtre est le Dieu de la sainteté et des vertus , et le nôtre est le dieu des richesses et de l’opulence. Vous dites que ces deux divinités ne peuvent s’accorder ensemble; et voilà pourquoi nous vous déclarons que vous ne gagnerez rien sur nous , parce que nous sommes déterminés à suivre celle que le monde adore et dont il dépend.
Ainsi, dis-je, s’exprimeroient tant de riches, s’ils vouloient nous découvrir leurs sentimens ; mais sans qu’ils nous les découvrent , leur con-
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duite nous en répond, et nous fait assez connoître les véritables dispositions de leur cœur. Parlons naturellement et sans figure. Qu’est-ce qu’un riche dans l’usage du siècle? ne vous offensez pas de ma proposition; plus vous l’examinerez, et plus elle vous paroîtra vraie. Qu’est-ce qu’un riche enflé de sa fortune ? un homme , ou absolument sans religion, ou qui n’a que la surface de la religion, ou qui n’a que très-peu de religion ; un homme pour qui il semble que la loi de Dieu ne soit pas faite; un homme qui ne sait ce que c’est que de se contraindre, pour s’assujettir aux observances de l’Eglise ; un homme qui, sans autre raison que parce qu’il est riche , se dispènse de tout ce qu’il lui plait; un homme qui ne se soumet à la pénitence, qu’autant qu’elle ne lui est point incommode; un homme pour qui les ministres mêmes de Jésus- Christ ont non-seulement des égards, mais de la crainte; un homme qui, jusque dans le tribunal de la confession où il paroit en posture de coupable, veut qu’on le respecte et qu’on le distingue; un homme qui accommode le culte de Diep à ses erreurs et à ses goûts, au lieu de régler ses goûts, et de corriger ses erreurs par la pureté du culte de Dieu : et tout cela fondé sur son état d’opulence qui l’enorgueillit.
Je ne prétends pas que tous les riches soient de ce caractère. A Dieu ne plaise que je leur fasse cette
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injure , ou plutôt que je la fasse à la Providence ! Dieu, dans toutes les conditions, parmi les riches aussi bienqueparrni les pauvres, a sesprédestinés et ses élus. Mais je disque la possession des richesses, sans une humilité héroïque qui lui serve de souverain préservatif, conduit là et aboutit là : et n’estce pas assez, pour saisir de frayeur les riches même les plus chrétiens ? Que le pauvre, concluoit le Saint- Esprit ( instruction divine, et que je vous prie de vous appliquer, puisqu’elle est seule capable de remédier au désordre que je viens de combattre), que le pauvre se glorifie de sa véritable et solide élévation; et que le riche au contraire s’humilie , et fasse gloire de son humilité : Glorietur frater humilis in exaltalione sua , et sites in humilitale sua. 1 Voilà, riches du siècle, ce que vous devez aimer, ce que vous devez pratiquer ; voilà, si vous êtes du nombre des élus de Dieu , ce qui vous doit sanctifier, et ce qui vous doit sauver, savoir l’humilité de cœur : Et dites in humilitate sua. Vous m’en demandez un motif touchant et tiré de votre condition même? le voici dans les paroles suivantes : Çoniam velut flos fœni transibit ; 1 parce que , de même que la plus belle fleur se sèche et se flétrit , ainsi le riche avec toute sa splendeur passera , et passera bientôt : Ita et dites in itineribus suis marcescet.3 Et je puis ajouter : parce que ces richesses
* Jacob. 1. — * Ibid.— * Ibid.
que vous possédez, ne sont pas proprement à vous; parce que vous n’en êtes, par rapport à Dieu, que les dépositaires et les dispensateurs ; parce que vous devez lui en rendre compte un jour; parce qu’en vertu de l’obligation indispensable de l'aumône , vous en êtes redevables aux pauvres. Si le riche de notre Evangile eût été prévenu de ces sentimens, il eût bien regardé Lazare d’un autre œil, il l’eût respecté , il l’eût écouté , il l’eût soulagé. Achevons ; et après avoir vu comment l’acquisition des richesses est une occasion d’injustice , comment la possession des richesses est une source d’orgueil, voyons comment l’usage des richesses est un principe de corruption; c’est la troisième partie.