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Oeuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier

De même que le mercure est plutôt une eau métallique qu’un métal, rantimoine, et les autres substances auxquelles on a donné le nom de demi-métaux, ne sont ttans la réalité, que des terres mélalli(|ues et non pas des métaux. L’antimoine, dans sa mine, est uni aux |)rinc.ipes du soufre et les contient eu grande (|uanlilé , comme le mercure, dans sa mine, est de même abondamment mêlé avec le soufre et l’alcali : il a donc pu sc former comme le cinabre, par l’intermède du foie de soufre dans les terres calcaires et limoneuses qui contiennent de l’alcali; et en général il me parait que le foie de soufre a souvent aidé plus qu’aucun autre agent, à la minéi'alisation de tous les métaux. De plus, 1 antimoine et le cinabre, quoique si différents en apparence, ont neanmoins plusieurs rapports ensemble et uue grande tendance à s unir. L esprit de sel a autant d’aftinité avec le mercure qu’avec le régule d antimoine. D'ailleurs, quoique le cinabre diffère beaucoup de l’antimoine cru par la dcnsité(l),ilsse ressemblent par la quantité de soufre qu’ils contiennent;

(1) La pesanteur spécifique de rantimoine cru est de 40(it5, et celle du régule d antimoine

RUFFON, tom. IV.

HISTOIRE NATURELLE

et celle quantité de soufre est même plus grande dans l’antimoine , relativement à son régule, que dans le cinabre, relativement au mercure coulant. L’antimoine cru contient ordinairement plus d’un tiers de ])artics sulfureuses sur moins de deux tiers de parties qu’on appelle métalliques, ({uoiqu’elles ne se réduisent point en métal, mais en un simple régule auquel on ne peut donner ni la ductilité ni la fixité, qui sont deux propriétés essentielles aux métaux. La plupart des mines d’antimoine, ainsi que celles de cinabre, se trouvent donc également dans les montagnes à couches: mais quelques-unes gisent aussi comme les galènes de plomb dans les fentes du quartz en état p}Titeux ; ce qui leur est commun avec plusieurs minerais formés secondairement par l’action des principes minéralisateurs : aussi les gangues qui accompagnent le minerai de l’antimoine sont-elles de diverse nature, selon la position de la mine dans les couches de matières dilTérenles; ce sont ou des pierres vitreuses et schisteuses (1), ou des terres argileuses, calcaires, etc. ; et il est toujours aisé d’en séparer la mine d’antimoine par une première fusion, parce qu’il ne lui faut pas un grand feu pour la fondre, et qu’en la mettant dans des vaisseaux percés de petits trous, elle coule avec son soufre et tombe dans d’autres vases, en laissant dans les premiers toute la pierre ou la terre dont elle était mêlée. Cet antimoine de première fusion, et qui contient encore son soufre, s’appelle antimoine cru, et il est déjà bien différent de ce qu’il était dans sa mine, où il se présente sans aucune forme régulière ni structure distincte, et souvent en masses informes, qu’on reconnaît néanmoins pour des matières minérales à leur tissu serré, à leur grain fin comme celui de l’acier, et au poli qu’on peut leur donner ou qu’elles ont naturellement, mais qui s’éloignent en même temps de l’essence métallique, en ce qu’elles sont cassantes comme le verre, et même beaucoup plus friables. Le minerai d’antimoine se présente aussi en petites masses composées de lames minces comme celles de la galène de plomb, mais presque toujours disposées d’une manière assez confuse. Toutes ces mines d’antimoine se fondent sans se décomposer, c’est-à-dire sans se séparer des principes minéralisateurs avec lesquels ce minéral est uni ; et, dans cet état, qu’on obtient aisément par la liquidation, l’antimoine a déjà pris une forme plus régulière et des caractères plus décidés; il est alors d’un gris bleuâtre et brillant, et son tissu est composé de longues aiguilles fines très-distinctes, quoique posées les unes sur les autres encore assez régulièrement.

Lorsqu’on a obtenu par la fonte cet antimoine cru , ce n’est encore, pour ainsi dire, qu’un minerai d’antimoine, qu’il faut ensuite séparer de son soufre : pour cela on le réduit en poudre qu’on met dans un

est de 67021 ; et de même la pesanteur spécifique du cinabre est de 1021 8S, et celle du coulant est de 155681.

(1) Les mines d’antimoine d’Erbias , dans le Limousin, sont dans des masses de pierres schisteuses et vitrescibles. Note communiquée par M. de Grignon, en octobre 1782.

vaisseau de terre c\ asé ; ou le cliauire par degrés en le remuant continuellement; le soufre s’évapore peu à peu, et l’on ne cesse le feu que quand il ne s’élève plus de vapeurs sulfureuses. Dans cette calcination, comme dans toutes les autres, l’air s’attache à la surface des parties du minéral, qui, par cette addition de l’air, augmente de volume, et prend la forme d’une chaux grise. Pour obtenir l’antimoine en régule, il faut débarrasser cette chaux de l’aii' qu’elle a saisi, en lui présentant qnel(|ue matière inflammable avec laquelle l’air ayant plus d’affinité laisse l’antimoine dans son premier état, et même plus pur et plus parfait qu’il ne l’était avant la calcination : mais si l’on continue le feu sur la chaux d’antimoine, sans y mêler des substances inflammables, on n’obtient, au lieu de régule, qu’une matière compacte et cassante, d'un jaune rou^ geàtre plus ou moins foncé, quelquefois transparente , et quelquefois opaque et noire si la calcination n’a été faite qu’à demi; les chimistes ont donné le nom de foie d’anlimoine à cette malière opaque, et celui de verre d’anlimoine il h première, qui est transparente. On fait ordinairement passer l’antimoine cru par l’un de ces trois états de chaux, de foie ou de verre, pour avoir son régule : mais on peut aussi tirer ce régule immédiatement de l’antimoine cru (1), en le réduisant en poudre, et le faisant fondre en vaisseaux clos avec addition de quchiucs matières qui ont plus d'affinité avec le soufre qu’avec l’antinioine, en sorte <iu’après celte réduction, ce n’est plus de l’antimoine cru mêlé de soufre, mais de l’antimoine épuré, perfectionné par les mêmes moyens que l’on perfectionne le fer pour le convertir en acier (52). Ce régule d'antimoine ressemble à un métal par son opacité, sa dureté, sa densité : mais il n’a ni ductilité, ni ténacité, ni fixité, et n’eu peut même acquérir par aucun moyen; il est cassant, presque friable, et composé de facettes d’un blanc brillant, quoique un peu brun. Ce régule est un produit de notre art, qui ne doit se trouver dans la nature que par accident (3), et dans le

(1) « Ce régule se lire également de l’antiinoine cru par une sorte de précipitation par la « voie sèche; on le mêle pour cela à des matières qui ont plus d’afiinité avec le soufre; le <> mélange étant dissous par le feu, la fluidité met enjeu ces alTinités, et le régule, plus pesant « que les scories sulfureuses, forme au fond du creuset un beau culot cristallisé , que les O alchimistes ont pris pour l’étoile des Vlages. » Eléments de Chimie , par M. do Morveau , tome I , p. 254. — Ce nom meme de Régule , ou Pelü Roi , a été donné par eux à ce culot métallique de l'antimoine, qui semblait, au gré de leur espérance, annoncer l’arrivée du grand roi, c'est-à-dire de l’or.

(2) Cette comparaison est d’autant plus juste , que , quand on convertit par la cémentation le fer en acier , il s’élève à la snrface du fer un grand nombre de petites boursouflures qui ne sont remplies que de l’air fixe qu’il contenait, et dont le feu fixe prend la place; car sa pesanteur , qui serait diminuée par cette perte , si rien ne la compensait , est au contraire augmentée, ce qui ne peut provenir que de l’addition du feu fixe qui s’incorpore dans la substance de ce fer converti en acier.

(5) On a découvert dejtuis peu en Auvergne du soufre doré natif d’antimoine , qui est un composé de régule et de soufre, mais moins intimement uni , ce qui n'était auparavant Connu

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voisinage des feux souterrains; c’est un état forcé différent de celui de l’antimoine naturel, et on peut lui rendre ce premier état en lui ren- «lant le soufre dont on l’a dépouillé; car il suffit de fondre ce régule avec du soufre pour en faire un antimoine artificiel, que les chimistes ont appelé anlininine ressuscité, parce qu’il ressemble a l’antimoine cru, et qu’il est composé, dans son intérieur, des memes matières également disposées eu aiguilles.

Le régule d’autimoinc dilfère-encore des métaux par la manière dont il résiste aux acides; ils le calcinent plutôt qu’ils ne le dissolvent, et ils n’agissent sur ce régule que par des affinités combinées. H diffère encore des métaux par sa grande volatilité : car, si on l’cx[>ose au feu libre, il se calcine à la vérité comme les métaux, en sc chargeant d’air fixe; mais il perd en même temps une partie de sa substance, qui s’exhale en fumée, que l’on peut condenser et recueillir en aiguilles brillantes, auxquelles on a donné le nom de /leurs argentines d’antimoine. Néanmoins ce régule parait |)articiper de la nature des métaux par la propriété (ju’il a de pouvoir s’allier avec eux; il augmente la densité du cuivre et du plomb, et diminue celle de l’étain et du fer; il rend 1 étain plus cassant et plus dur ; il augmente aussi la fermeté du plomb; et c’est de l’alliage de régule d’antimoine et de plomb qu’on se sert pour faire les caractères d’imprimerie (I) : mêlé avec le cuivre et l’étain, il rend le son plus agréable à l’oreille et plus argentin; mêlé avec le zinc, il le rend si)écifiquemcnt plus pesant; et, de toutes les matières métalliques, le bismuth, et peut-être le mercure, sont les seuls avec lesquels le régule d’antimoine ne peut s’allier ou s’amalgamer.

Considérant maintenant ce minéral tel qu’il existe dans le sein de la terre, nous observerons qu’il se présente dans des états différents, relatifs aux différents temps de la formation de ses mines , et aux différentes matières dont elles sont mélangées. La première et la plus ancienne formation de ce minéral date du même temps que celle du plomb ou de l’étain, c’est-à-dire du temps de la calcination de ces métaux par le feu primitif cl de la production des pyrites après la chute des eaux : aussi les mines primordiales d’antimoine sont en filons et en minerais comme celles du plomb ; mais on en trouve qui sont mélangées de matières ferrugineuses, et qui paraissent être d’une formation postérieure. Le minerai d’antimoine, comme les galènes du plomb, est composé de lames minces plus longues ou plus courtes, plus étroites ou plus larges , convergentes ou divergentes , mais toutes lisses et brillantes, d’un beau blanc d’argent : quelquefois ces premières mines

que comme une préparation chimique. Éléments tle Chimie , par M, de Morveau , tome I, p. 122 et 123.

(1) Le régule d’autiinoino entre dans la composition des caractères d’imprimerie , à la dose d’un huitième, pour corriger la mollesse du plomb, Idem, p, 2ü9.

ÜES MiiNÉKAUX.

d’antimoine contiennent, comme celles du plomb, une ([iiantilé considérable d’argent; et, de la décomposition de cette mine d’antimoine, tenant argent, il s’est formé des mines par la stillation des eaux qui ne sont dès lors que de lioisiéme formation. Ces mines , ([u’on appelle mines en plumes, à cause de leur légèreté, pourraient avoir été sublimées par l’action de quelque feu souterrain. Elles sont composées de petits lilets solides et élastiques, quoi(iuc très-déliés et assez courts, dont la couleur est ordinairement d’un bleu noirâtre, et souvent variée de nuances vives ou plutôt de reflets de couleurs irisées, comme cela se voit sur toutes les substances demi-transparentes et très-minces : telle est cette belle mine d’antimoine do Eelsobiana, si recliercliée par les amateurs pour les cabinets d’histoire nalurelle. Il y a aussi de ces mines dont les filets sont tous d’une belle couleur rouge, et qui, selon M. Bergmann, contiennent de rarscnic(l). Toutes ces mines secondaires d’antimoine, grises, rouges ou variées, sont de dernière formation, cl proviennent de la découq)osition des premières.

Nous avons en France quelques bonnes mines d’antimoine; mais nous n’en tirons pas tout le parti (pi’il serait aisé d’en tirer, puisque nous faisons venir de l’élranger la plu|)art des préparations utiles de ce minéral. M. le iMonuier, premier médecin ordinaire du Roi, a parliculièrement observé les mines d’antimoine de la haute Auvergne : « Celle « de 3Iercœur, à deux lieues de Rrioude, était, dit-il, en pleine exploi- >■ talion en tT.'ifl; et l’on sentait de loin l’odeur du soufre qui s’exhale « des fours dans lesquels on fait fondre la mine d’antimoine. La mine « s’annonce par des veines plombées qu’on aperçoit sur des bancs de « rochers (pii courent à fleur de terre... Cette mine de Mercœur fournit « une très-grande quantité d’antimoine; mais il y a encore une autre « mine beaucoup plus riche au Puydc laFage,qui n’cslqu’à une lieuede Il Mercœur : elle est extrêmement pure, et rend souvent soixante-quinze <( pour cent; les aiguilles sont toutes formées dans les liions de cette Il mine, et l’antimoine qu'on en tire est aussi beau que le plus bel anti- 11 moine de Hongrie... Un des plus petits liions, mais des plus riches de Il la mine de Mercœur, et qui n’a que deux pouces de large, est uni du « côté du nord à un rocher franc, (pii est une gangue très-dure iiarse- •1 niée de veines de marcassite; et du coté du midi, il est conligu à une « pierre assez tendre et graveleuse... Après celle pierre suivent dilfé- « renls lits d’uiic terre savonneuse, légère, capable de s’effeuilleter à Il l’air, et dont la couleur est d’un jaune citron ; cette terre, mise sur « une pelle à feu, exhale une forte odeur de soufre, mais elle ne s’em- 11 brasc pas. » M. le Monnier a bien voulu nous envoyer, pour le Cabinet du Roi, un morceau tiré de ce filon, et dans kiqucl on peut voir cesdiflérenles matières. 11 rapporte, dans ce même mémoire, les procédés

(1) Opuscules ehimitiuos, tome II, disseï tutiou 21.

HISTOIUE NATURELLE

foiT simples qu’on met en pratique pour fondre lu mine d’antimoine en grand (1), et finit par observer qu’indépendamment de ces deux mines de la Page et de Mercceur, il y en a plusieurs autres dans cette même province, qui pour la plupart sont négligées (2). MM. Ilellot et Guettard font mention de celles de Langeac, de Ghassignol, de Pradot, de Montel, de Brioude (3), et de quelques autres endroits (4). Il y a aussi des mines d’Antimoine en Lorraine, en Alsace (5), en Poitou, en Bretagne, en Angouraois (C) et en Languedoc (7). Enfin, M. de Gensanne a observé dans le Vivarais un gros filon de mine d’antimoine mêlé dans une veine de charbon de terre (8j j ce qui prouve, aussi bien que la

(1) La manière de fondre la mine d’antimoine est fort simple : on met la mine dans des pots de terre dont le premier n’csl point percé et dont les autres sont troues dans le fond; on superpose ceux-ci sur le premier , et on les remplit de mine d’antimoine cassée par petits morceaux; ces pots sont arrangés dans un four que l’on cliauffc avec des fagots; on fait un l'eu modéré pendant les premières heures, et on raugmeutc jusqu’à le faire de la dernière violence ; pendant cette opération, (|ui dure environ vingt-quatre heures, il sort du fourneau une fumée très-épaisse qui répand fort loin aux environs une odeur de soufre qui cependant n’est |)as nuisible, car aucun des habitants ne se plaint d’en avoir été incommodé; après l’opération on trouve derantimoiiic fondu dans le pot inférieur , et les scories restent au-dessus. Quand la mine est bien pure, comme celle de la Fagc , le pot inferieur doit se trouver plein d’antimoine; mais celle de Jlcrcœur n’en produit ordinairement que les deux tiers. Observations d’ilistoirc Naturelle, parM. le Monnier; Paris, 1750, p. 202 jusqu’à 205.

(2) Observations d’Histoirc Naturelle, p. 204.

(5) Mémoires de l’Acadciuic des Sciences, année 1750.

(4) En Auvergne, dit M. Ilellot, il y a une bonne mine d’antimoine à Pegu.... une autre auprès de Langeac et de Brioude... une antre, dont le minéral est sulfureux, au village de Pradot, paroisse d’Aly.... une autre au village de Montel, même paroisse d’Aly... une autre dans la paroisse de Mcrcœur.qui donnait de l'antiraoine pareil à celui de Hongrie, cl dansla paroisse de Lubillac... ces deux liions sont épuisés, mais on tire encore de l’antimoine dans la paroisse d’Aly, à deux lieues de Mercœur. Traité de la fonte des mines de Schlutter, tome I, p. 62.

(b) En Lorraine, au Val-de-Lièvre , il y a une mine d’antimoine. Idem , p. 0 Auprès de

Giromagny, eu Alsace, il y en a une autre qui est mêlée de plomb. Idem, p. 11.

(6) On trouve en Angoumois une mine d’antimoine tenant argent, à Manel, près Montbrun. Idem, p. 59.

(7) Dans le comté d’Alais, en Languedoc, il se trouve à Malbois une mine d’antimoine. Idem, p. 29... En descendant des Portes vers Cerssoux,an diocè.sc d’üzès, on exploite une mine d’antimoine. Il y a trois filons de ce minéral, à la vérité peu riches, mais le minéral est très-bon. On en a fondu en notre présence, et l’antimoine qui en est provenu nous a paru aussi beau que celui de Hongrie. Histoire Naturelle du Languedoc , par M. de Gensanne, tome I, p. 174.

(8) En remontant du Poufin vers les Fonds, on trouve, dans un ravin limitrophe de la paroisse Saint-Julien, un gros filon d’antimoine mêlé de charbon de terre. Ces deux fossiles y sont intimement mêlés, phénomène bien singulier dans la minéralogie; cependant tous les indices extérieurs annoncent du charbon de terre, et il est à présumer que dans la profondeur l’antimoine disparaîtra, et que le charbon de terre deviendra pur. Il peut même arriver que dans la profondeur il y aura deux veines contiguës, l’une d’antimoine et l’autre de charbon; on ne peut former sur tout cela ijue des aonjectures... 11 y a des morceaux où l’alitimuinu pré-

plupart des exemples précédents , que ce minéral se frouve presque toujours dans les couches de la terre remuée et déposée par les eaux.

L’antimoine ne parait pas alîccter des lieux particuliers comme l’étain et le mercure; il S’en trouve dans toutes les parties du monde : en Europe, celui de Hongrie est le plus fameux et le plus recherché.

On en trouve aussi dans plusieurs endroits de rAIlcmagnc; et l’on prétend avoir vu de l’antimoine natif en Italie, dans le canton de Sainte- Flore, proche Mana; ce qui ne peut provenir que de l’effet de quelques feux souterrains qui auraient liquéfié la mine de ce demi-métal.

En Asie, les voyageurs font mention de l’antimoine de Perse (1) et de celui de Siam (2). En Afrique, il s’en trouve, au rapport de Léon-l’Africain, au pied du mont Atlas (3). Enfin Alphonse Bai'ba dit qu’au Pérou les mines d’antimoine sont en grand nombre (4), et quelques voyageurs en ont remarqué à Saint-Domingue et en Virginie (3).

On fait grand usage en médecine des préparations de l’antimoine, quoiqu’on l’ait d’abord regarde comme poison plutôt que comme remède. Ce minéral , pris dans sa mine et tel que la nature le produit, n’a que peu ou point de jtropriétés actives; elles ne sont pas même développées après sa fonte en antimoine cru, parce qu’il est encore enveloppé de son soufre ; mais dès qu’il en est dégagé par la calcination ou la vitrification, ses qualités se manifestent; la chaux, le foie et le verre d'antimoine sont tous de puissants émétiques; la chaux est même un violent purgatif, et le régule se laisse attaquer par tous les sels et par les huiles; l’alcali dissout l’antimoine cru, tant par la voie sèche que par la voie humide ; et le kermès minéral se tire de cette dissolution.

domine ; dans d’.nulres , c’est le charbon qui est plus abondant, et, en eassant ce dernier, on le trouve tout pénétré de petites aiguilles d’antimoine.... Cette veine d'antimoine est un filon très-bien réglé, et qui a son alignement bien suivi j il a une pente telle que celle que les charbons de terre alTeclent ordinairement vers leurs têtes; il se trouve entre des rochers semblables et de la même nature que ceu.\ qui aceompaguenl pour l’ordinaire ce dernier fossile. Histoire JV’aturclle du Languedoc, par M. de Gensanne, tome 111, p. 202 et 203.

(1) Eu l'erse il y a, vers la Caramanic, une mine d’antimoine singulière, en ce qu’après l’avoir fait fondre elle donne du plomb fin. Voyage de Cbardin, etc. Amsterdam, 1711, tomell, page 23.

(2) On a découvert à Siam tine mine d’antimoine. Histoire générale des Voyages, tome IX, page 307.

(3) L'antimoine se trouve dans des mines de plomb sur les parties inférieures du mont Allas, aux confins du royaume de Fez. Joannis Leonis Africani, tome 11, p.771.

(i) L’antimoine ou stibium est un minéral fort ressemblant au sancha ou plomb minéral. Il est poreux, luisant et friable. H y enade jaune rougeâtre, et d’autre tirant sur le blanc, d'un grain aussi menu que l’acier... Ou Iroute ordinairement dans tout le Pérou l’antimoine mêlé avec les minerais d’argent, particulièrement avec ceux appelés Négrilles. On le trouve aussi seul en beaucoup d’endroits; il fait beaucoup de tort au minerai, ainsi que le bitume et le soufre. Barba, Métallurgie, tome 1, p. 36 et suiv.

(.6) Histoire géncrale des Voyages, tome XIX, p. 308.

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Toutes les substances salines ou Imileuses développenl dans Tanliinoine les vertus émétiques ; ce qui semble indiquer que ce régule n’est pas un demi-métal pur, et t|u’il est combiné avec une matière saline qui lui donne cette propriété acti\ e, d’où l’on peut aussi inférer que le foie de soufre a souvent eu part à sa minéralisation.

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