‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 102 sur 133 · CONCRÉTIONS DU MERCURE · texte numérisé non relu

CONCRÉTIONS DU MERCURE

Le cinabre est la mine primordiale du mercure, et l’on peut regarder le vif-argent coulant comme le premier produit de la décomposition du cinabre : il se réduit en poudre lorsqu’il se trouve mêlé de parties pyriteuscs; mais celle poudre, composée de cinabre et du fer des pyrites, ne prend j)oinlde solidité, et l’on ne connaît d’autres concrétions du mercure que celles dont M. Romé de Lisie fait mention sous le lili e de mercure en mine secondaire, mine de mercure cornée volatile, ou mercure doux natif. « Cette mine secondaire de mercure, dit cet habile miné- « ralogislc,a été découverte depuis peu parmi les mines de mercure en « cinabre, du duché de Ueux-Ponts j c’est du mercure solidilié et miné- « ralisé par l’acide marin avec lequel il paraît s’ètre sublimé dans les « cavités et sur les paiois de certaines mines de fer brunes ou hépali- « ques, de même que le mercure coulant dont cette mine est souvent « accompagnée (I). »

J’ai dit, d’après le témoignage des voyageurs, qu’on ne connaissait en Amérique qu’une seule mine de mercure à Guanca-Velica ^ mais M. Dombey, qui a examiné avec soin les terrains à mines du Pérou et du Chili, a trouvé des terres imprégnées de cinabre aux environs de Coquimbo, et il m’a remis pour le Cabinet du Roi quelques échantillons de ces terres qui sont de vraies mines de mercure. Les Espagnols les

(1) Ci'inUllugraphie, parM. llomd de Lisie, tome III, p. 16i et suivantes.

onl aulrefüis c.\iiloilées; mais celles de Guanea-Velica s’élaat Irouvêes plus riches, celles de Coquiiiiho ont clé abandonnées jusqu’à ce jour, où les éboulemcnls produits par des tremblements de terre, dans ces mines de Guanca-Velica, ont obligé le gouvernement espagnol de revenir aux anciennes mines de Ccxpiimbo avec plus d’avantage qu’auparavant j)ar la découverte (pi’a faite IM. Dombey de rélendue de ces mines dans plusieurs terrains voisins qui n’avaient pas été fouillés. D’ailleurs, ce savant naturaliste m’assure qu’indépeudamiuent de ces mines de cinabre à Coquiiubo, il s’en trouve d’autres aux environs de Lima, dans les |)rovinces de Cacalambo et Guamico, que le gouvernement espagnol n’a pas fait exploiter, et dont cependant il i)ourrait tirer avantage : il y a même toute apparence (ju’il s’en trouve au Mexique; car M. Polony, médecin du roi au c;q) Saint Doiningue, fait mention d’une mine de mercure dont il m’envoie des échantillons avec plusieurs autres mines d’or et d’argent de celle contrée du Mexique (1).

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