HYACINTHE
Après le grenat se présente l’hyacinthe , qui approche de sa nature, et qu’on doit aussi regarder comme un produit de schoiT mêlé de substances métalliques. L’hyacinthe se trouve dans les mêmes lieux que le
fort la raison que donne M. Lehman de cette croyance, o J’ai imaginé, dit cet habile cliimisie, c< que ce qui a fait croire que les grenats contiennent une assez grande quantité d’or, vient « de la pierre lalquciisc et luisante «pii leur sert de matrice. « Ucchcrclics sur les volcans éteints, par M, l’aujas de Saint-Fond, p. IS/f et suivantes.
(1) Boëlius de Boot donne aux grenats de Bohême la préférence sur tous les autres, même sur ceux de l’Orient , à cause de leur pureté et de la vivacité de leur couleur qui , selon lui , résiste au feu. Mais suivant M. l’otl, les grenats , en se fondant au feu , perdent leur transparence et leur couleur rouge. Le même Boëlius dit qu’en Bohême les gens de la campagne trouvent les grenats en morceaux gros comme des pois , répandus dans la terre , sans être attachés à aucune matrice ; ils sont noirs à la surface, cl l’on ne peut en reconnaître la couleur qu’en les plaçant entre l'œil et la lumière... Les grenats de Silésie sont ordinairement d’une qualité très-médiocre. Encyclopédie, article Grenat.
(2) M. Crantz met le grenat du Grocidand dans la classe du quartz, parce qu’il se trouve dans les fentes de rochers quartzoux , en morceaux de gramlcur cl de formes inégales. Mais comme il est très-dur et d'un rouge transparent qui lire sur le violet, les lapidaires le rangent parmi les rubis. C’est dommage qu’il soit si fragile, cl qu’on u’en puisse conserver que de la grosseur d’une fève quand on le met en œuvre. Histoire des Voyages, tome XIX, p. 29.
(3) Le royaume de Golcoude produit beaucoup de grenats. Histoire générale des Voyages, tome IX, p. ol7. — Vers les montagnes du ïhihct , (|ui sont l’ancien Caucase , dans les terres d’un raja, au delà du royaume de Cachemire, on connaît trois montagnes , dont l’une pioduit des grenats. Idem, lume X, p. o27.
gi'enal, elle donne de meme une double réfraclion; ces deux pierres erislallisées se renconti-cnt souvent ensemble dans les mêmes masses de rochers (1) ; on doit <!onc la rapporter aux cristaux vitreux, et c’est, ajjrès le grenal, la pierre vitreuse la plus dense {'2). Sa couleur n’esl pas franche, elle est d’un rouge plus ou moins mêlé de jaune; celles dont celte couleur orangée approche le plus du l’ougc, sont les plus rai'es et les plus estimées ; toutes perdent leur couleur au feu, et y deviennent blanches, sans néanmoins perdre leur transparence, et elles exigent pour se fondre un plus grand degré de feu que le grenat (5). On voit des
(1) Celte pierre l.yacinthe, aussi eommunc que le grenal ( que souvent elle accompagne ), l'eut sans iloutc , ainsi que eelui-ei , sc rencontrer dans les deux Indes aussi fréquemment qu’en Europe... Il y a des grenats qui ont la couleur de l'Iiyacintlic , et il y a des liyacinllie.s qui ont celle du grenal; niais ces deux pierres diiîcrent beaucoup l'une de l’autre par la lorine et la gravite spécilique... 1» La dureté de l’hyacinllic l’emporte sur celle du grenat, mais trop peu ; 2° lu gravité spécifique du grenat est supérieure a celle de l’hyacinllie... L hyacinthe est lusible au degré de feu qui met le grenat en fusion. Essai de Cristallographie , par Jl.dlomé de Lisle, tome II, p. 283 et suivantes.
(2) La pesanteur spéci(i(|ue de l’hyacinthe e.st de 3Ü873, et celle du grenat syrien de iOOOO.
(5) Celte pierre est d'un rouge tirant sur le jaune, c’est-à-dire d’une couleur plus ou moins
approchante de celle de l’orangé. Lorsqu’on expose l’hyacinthe à l’aclion d'un feu assez violent, elle perd sa couleur et conserve sa transparence , ce qui prouve que la substance qui la colore est volatile : si on laisse les cristaux exposés trop longtemps à l’action du feu , ils s’y vitrifient sans intermède , au moins à leur surface; car ils adhèrent alors entre eux et aux parois du creuset. La pierre qui porte le nom de jargnn , n’est autre chose que 1 hyacinthe l*lanchie au feu pour imiter le iliamant. Lettres du docteur ücmesle, etc., tome I, p. -f 12 ha couleur de cette pierre est d’un rouge tirant sur le jaune, ce qui la rend plus ou moins transparente; elle entre totalement en fu.sion au leu, elle est plus légère et plus tendre (juc le grenat, aussi la lime a-t-elle facilement de la prise sur elle. On a :
1“ L’hyacinthe d’un jaune rougeâtre, ou l’hyacinthe orientale : on la trouve en Arabie, à Cananor , à Calecut et à Cainhoye ; la couleur de celle belle hyacinthe est d’un rouge faible d’écarlate ou de cornaline , ou de vermillon , tirant sur le rubis ou plutôt sur le grenat , au travers de laquelle on remarque ordinairement une légère nuance de violet-colomhin ou d’améthyste; elle est Irès-resplcndissantc, dure, et reçoit un poli vif;
2» L’hyacinthe d’un jaune de safran , ou l’hyacinlhc occidentale ; elle est moyennement dure , d’une couleur plus safranéc , plus orangée, et bien moins éclatante que la précédente : vile ressemble quelquefois à la lleur du souci ou à la fleur d’hyaciiilhc , cl nous vient du Poi tugal;
5“ L’hyacinthe d’un blanc jaunâtre : elle a beaucoup de ressemblance avec l’agate ou avec le suceiu qui est d’un blanc jaunâtre ;
f'' L’hyacinthe couleur de miel ou d’hyacinthe miellée ; autant la precedente ressemble au buccin, autant celle-ci rc.s.scmhle an miel, tant par .sa couleur que par son éclat qui est faible «I lerne; ces deux dernières sortes d’hyacinthe sont peu dures, peu transparentes , mal »ellc.s, pleines de grains ou de petites taches qui les font tailler à facettes pour en cacher les défauts ; elles se soùliennenl bien moins de temps au feu que les oricntides. Elles nous viennent de la Silésie et ilc la Bohême.
f'C qu'on appelle jargon d’Aiivcrgnc , sont de petits cristaux a laceltcs et coh)ré,s; bien des sens les regai dent comme des primes d’hyaciulhes , ils sont hi illants et ti es-pelils. On les Oueoutre comuinnement dans le Vivarais près du Vuj .
Bcffo.x, tom. IV.
HISTOIliE NATUBELLE
liyacinllics on très-grande (|uan(ité dans les niasses de roclies vitreuses, et autres matières rejetées par le Vésuve (I), et ces pierres se trouvent iion-seulcmcnt en Italie, dans les terrains volcaniscs, mais aussi en Allemagne, en Pologne, en Espagne, en France, et particulièrement dans le Vivarais et l’Auvergne (2) : il y en a de toutes les teintes, de rouge mêle de jaune , ou de jaune mêlé de brun; il y en a même des blanches, qu’on connaît sous le nom Ae.jarcjom {3). Il s’en trouve aussi d’un jaune assez rouge pour qu’on s’y trompe en les prenant pour des grenats; mais la plupart sont d’un jaune enfumé, et même brunes ou noirâtres. Elles se trouvent quelquefois en groupes, et souvent en cristaux isolés (4); mais les unes et les autres ont été détachées du rocher
On nous apporte de Composlelle en Espagne , sous le nom à' hyacinthes , des pierres rouges opaques , qui ont une figure déterminée et qui ne sont que des cristaux. Minéralogie de iioniarc, tome 1, p. 246 et suivantes.
(!) Il y a des liyaeintlics blanclies, soit en cristaux solitaires, soit en groupes ; ces dernières viennent des bases de la Somma eu Italie. La roche qui sert de gangue aux hyacinthes de la Somma a souffert plus ou moins de l’action du l'eu, mais en général elle est fort peu dénaturée. La couleur de ces hyacinthes tire plus ou moins sur le brun ; les unes sont dans des gauguiis argilcu.ses micacées plus ou moins cuites; les autres dans des masses de grenats dodécaèdres à bords tronqués , d’autres sont cnlrcmclés deschorls prismatiques , de schorls dodécaèdres et même de spath calcaire.
Il y a au Vésuve des hyacinthes, les unes en groupes , les autres en cristaux solitaires ; il y en a de brunes , de verdâtres , etc.; leur couleur la plus ordinaire est un jaune foncé mêlé de rougeâtre, mais qui tire souvent sur le verdâtre ou le noirâtre.
On les trouve non-seulement au Vésuve, mais encore parmi certaines éruptions des anciens volcans éteints de l’Italie, et mémo d’autres contrées...
Elles UC sont point un produit du feu des volcans, comme M. Fcrbcr le dit en plusieurs endroits de ses Lettres sur l’Italie, en confondant ces hyacinthes, tantôt avec les schorls, tantôt avec 1 émail ou verre de volcan .si connu sous le nom de pierre obsidienne ; mais elles faisaient partie des roches primitives du second ordre, qui se sont trouvées dans la sphère d’activité du foyer volcanique.
II se trouve des hyacinthes blanches en croix par la réunion de quatre de leurs cristaux simples parallèlement à leur longueur. ( On peut observer que cette figuration est encore un caractère commun a l'hyacinte et au schorl dont les cristaux se trouvent souvent eroisés les uns sur les autres.) Cristallographie, par M. Romé de Lisle, tome II, p. 289 et suiv.
(2) Il se trouve des hyacinthes d’un beau rouge de vermeil ou de grenat. M. Faujas de Saint-Fond les a trouvées dans un ruisseau à un quart de lieue du Puy en Vélay. Idem,
(5) J’ai trouvé parmi les grenats d’Expailly ( pays volcanique du Vélay ), de véritables hyacinthes , d’un jaune tii’ant sur le rouge, crislallisécs à prismes quadrilatères oblongs , terminés a l’un et à l’autre bout par une pyramide ;t quatre côtés. J’en possède une qui a un pouce de longueur .sur .six lignes de diamètre, mais qui n’a point de pyramide. On appelle ces hyacinthes jirtrpims d’/iyacinihcs du Puy. Uecherches sur les volcans éteints, par JI. Faujas de Saint-Fond, p. 167.
(-*) Ces h}'aciuthes jaunâtres sont assez souvent grüU|)ces dans les cavités des roches quartzeuscs on Icld-spathiques qui ont été détachées des entrailles du vulcan , sans avoir trop soullert de 1 action du feu. Cette action a bien été assez violente pour les altérer plus ou moins.
DES MfNÉUAUX. J45
où elles oiU pris naissance comme les antres erislaux vilreux. i\I. Home de Lisle dit avec raison : " One l’on donne f|nel(|uefois le nom d'Iiyncin- «I Ihc orientale à des rubis d’Orient de couleur orangée, ou à des jargons « de (.eylan, dont la teinte jaune est mêlée de ronge, de même qu’on « donne aussi quelquefois aux topazes orangées du Brésil, le nom « d hyacinthe occidentale ou de Portugal; mais l’Iiyacintlie vraie ou pro- « [)remcnt dilc est une pierre qui diffère de toutes les précédentes, « moins par sa couleur qui est très-variable, que par sa forme, sa dureté » sa gravité spécifique (t). »
Kt en effet, quoicpi’il n’y ait à vrai dire qu’une seule et même essence dans les pierres précieuses, et que communément elles soient teintes de )’ouge, de jaune ou de bleu, ce qui nous les fait distinguer par les noms de rubis, topazes et saphirs, on ne peut guère douter qu’il ne sc trouve aussi dans les climats chauds des pierres de même essence, teintes de jaune mêlé dun peu de muge, auxquelles on aura donné la dénomination d hyacinthes orientales, d’autres teintes de violet, et même d’autres de vert, quon aura de même dénommées améthystes et émeraudes orientales : mais ces j)ierrcs jirécieuscs, de quelque couleur qu’elles soient, seront toujours très-aisées à distinguer de toutes les au 1res par leur dnrete, leur densité, et surtout par riiomogénéitc de leur substance qui n admet (|u’iine seule réfraction, tandis cpie toutes les j)ierres vitreuses dont nous venons de taire rénuinération sont moins dures, moins denses, et en même temps sujettes à la double réfraction.