‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 63 sur 133 · CRAIE DE BRIANÇON · texte numérisé non relu

CRAIE DE BRIANÇON

Celle pierre n’esl pas plus craie que la craie d’Espagne; c’esl égaleluenl une pierre talqueuse , el presque même un vérilable talc : elle n’en diffère qu’en ce que les lames dont elle est composée sont moins solides que celles du talc, et se divisent plus aisément en parcelles micacées, qui sont un peu plus aigres au toucher que les particules du talc. Celte pierre n’est donc qu’un talc imparfait (1), c’est-à-dire un agrégat de particules d’un mica qui n’a pas encore subi tous les degrés de l’atlénualion nécessaire pour devenir talc; mais le fonds de sa substance est le même : sa dureté , sa densité sont aussi à très-peu près les mêmes (2), et ses autres propriétés n’en différent que du moins au plus ; car, après le talc, c’est de toutes les stéatites la plus tendre el la plus douce au loucher. On la trouve plus fréquemment et en plus grandes masses que les talcs; elle s’offre aussi en différents étals dans ses carrières, et on la distingue jiar la qualité de ses parties consliluanles, qui sont plus ou moins fines ou grossières. La plus fine est presque aussi transparente que le talc lorsqu’elle est réduite à une petite épaisseur , el ne parait différer du Mai talc qu’en ce que les lames qui la composent ne sont pas lisses, et qu’elles ont à leur surface des stries et des tubercules; en sorte que quand on veut sé|)arer ces lames , elles ne se défachenl pas les unes des autres comme dans les talcs, mais qu’elles se brisent en petites écailles : cette craie est donc un talc qui n’a pas acquis toute sa perfection. Celui ((u’on aj)pelle Udc de Fenise ou de Naples est absolument de la iiiême nature, et on se sert également de leur poudre pour faire le fard blanc cl la base du rouge dont nos femmes font un usage agréable aux yeux, mais déplaisant au toucher.

(1) « La craie de Briançon , dit trc.<-l)ien M. l’oU , est plutôt une espèce de talc qu’une « stéatite. » Mémoires de l’,Vcadoinie de Boi lin, année 1747 , p. 08.— Divers auteurs témoignent que la Suède fournit la même production, continue M. Pott, et, en particulier, Broèmel, dont voici les paroles ; » Le talc taigstein ou grysteen est une matière semblable a la pierre U ollaire qu’on peut fendre, tourner el travailler comme le bois, pour en faire diverses pièces U de vai.sselle de cuisine qui s’échatifl'cnl au moindre feu. On eu trouve auprès de llundolil, « dans le Jemptland ; elle sert aussi à faire tles foyers , des fourneaux et des briques. Il s en « rencontre une autre espèce à ICIeremecki, paroisse de Savola, et a Nerkie. J eu ai reçu une O espèce beaucoup plus belle, verdâtre et à demi-transparente , de Werracland et des mines a de Sahlbcrg... » Mémoires do l’Academie de Berlin, année 1747, p. 68.

(2) La pesanteur .spceili(|ue du talc de Mo.scovic est de 271)17 ; celle de la craie de Briançon grossière, c’est- à-dire qui se délite en feuillets comme le talc, est de 27274 ; et celle de la craie de Briançon line est de 26089, à peu près égale à celle du mica jaune.

HISTOIRE NATURELLE

Page 1