‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 70 sur 133 · STALACTITES CALCAIRES · texte numérisé non relu

STALACTITES CALCAIRES

Les slalactiles des sul)slanccs calcaires, comme celles des malières vitreuses, se présentent en concrétions opaques ou transparentes : les all)àlres et les marbres de seconde formation, sont les |)lus grandes masses de ces concrclions opa(iues; les spaths qui, comme les pierres calcaires, peuvent se réduire en chaux par l’action du feu, en sont les stalactites transparentes. I.,a substance de ces spaths est composée, comme celle des- cristaux vitreux, de lames triangulaires presque intinement minces : mais la figure de ces lames triangulaires du spath diffère néanmoins de celle des lames triangulaires du cristal; ce sont des triangles dont les côtés sont obliques, en sorte (jiie ces lames triangulaires qui i»e s'unissent que par la tranche forment des losanges et des rhoinbes, au lieu que quand ce sont des triangles rectangles, elles forment des carrés et des solides à angles droits. Cette obliquité dans la situation des lames se trouve constamment et généralement dans tous les spaths, et dépend, ce me semble, de la nature môme des matières calcaires <iui ne sont jamais simj)les ni parfaitement homogènes, mais toujours composées de couches ou lames de différente densité; en sorte qu’entre cha(|ue lame il se trouve une couche moins dense, dont la puissance d’attraction se combinant avec celle de la lame plus dense, produit un mouvement comjtosé qui suit la diagonale, et rend oblique la position de toutes les lames et couclies alternatives et successives, en sorte que tous les spaths calcaires, au lieu d’être cubiques ou parallélipipédes rectangles, sont rhombo'idaux ou parallélipipèdcs obliquanglcs, dans lesquels les faces i)arallèles et les angles opimsés sont égaux ; il est même nécessaire pour produire cette obtiquilé de position, que les lames et les couches intermédiaires soient d'une densité fort différente, et Ton peut juger de celte différence par le rapport des deux réfractions. Toutes les matières transparentes, qui, comme le diamant ou le verre, sont parfaitement homogènes, n’opèrent sur la lumière qu’une simple réfraction, tandis que toutes les matières transparentes, qui sont composées de couches allernativ'es de différente densité, produisent une doidile réfraction; et lorsqu’il n’y a (pie peu de différence dans la densité de ces couches, les deux réfractions ne diffèrent que Jieu, comme dans le cristal de roche dont les refractions ne s éloignent que d un dix-neuvième, et dont par conséquent la densité des couches alternatives ne diffère que très-peu, tandis que dans le spath appelé cristal d’Islande les deux réfractions, qui diffèrent entre elles de plus d’un tiers, nous démontrent que la différence de la densité respective des couches alternatives de ce spath est six fois plus grande que dans les couches aller-

HISTOIRE NATURELLE

natives du cristal de roclie. Il en est de môme du sypse transparent qui n’est qu’un spath calcaire imprégné d’acide vilrioliquej sa double réfraction est à la vérité moindre que celle du cristal d’Islande, mais cependant plus forte que celle du crislal de roche, et l’on ne peut douter qu’il ne soit également composé de couches alternatives de différente densité : or ces couches dont les densités ne sont pas fort différentes, et dont les réfractions, comme dans le cristal de roche, ne diffèrent que d’un dix-neuvième, ont aussi à très-peu près la même puissance d’attraction, et dès lors le mouvement qui les unit est presque simple, ou si peu composé, que les couches se superposent sans obliquité sensibte tes unes sur les autres ; au lieu (|ue quand les couches alternatives sont de densité très-différente, et que leurs réfractions, comme dans le cristal d’Islande, diffèrent de plus d’un tiers, leur jjuissance d’altTaction diffère en même raison; et ces deux attractions agissant à la fois, il en résulte un mouvement composé, qui, s’exerçant dans la diagonale, produit l’obliquité des couches, et par conséquent celle des faces et des angles dans ce cristal d'Islande, ainsi (pie dans tous les autres spaths calcaires.

Et comme cette différence de densité se trou\e plus ou moitis grande dans les différents spaths calcaires, leur forme de cristallisation, quoique toujours oblique, ne laisse pas d’être sujette à des variétés qui ont été bien observées par M. le docteur Deincstc : je me dispenserai de les rapporter ici (1). parce (jue ces variétés ne me [)araisscnt être (juc des formes accidentelles dont ou ne peut tii er aucun caractère réel et général; il nous suffira, pour juger de tous les spaths calcaires, d’examiner le spath d’Islande, dont la forme et les propriétés se retrouvent plus ou moins dans tous les autres spaths calcaires.

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