ROUILLE DE FER ET OCRE
La rouille de fer et l’ocre sont les plus simples et les premières décompositions du fer par l’impression des éléments humides; les eaux chargées de parties ferrugineuses réduites en rouille laissent déposer cette matière en sédiment dans les cavités de la terre où elle prend plus ou moins de consistance, sans jamais acquérir un grand degré de dureté : elle y conserve aussi sa couleur plus ou moins jaune, qui ne s’altère ni ne change que par une seconde décomposition, soit par l’impression des éléments humides ou par celle du feu. Les ocres brunes auxquelles on donne le nom de terre d’ombre, et l’ocre légère et noire dont on se sert à la Chine pour écrire et dessiner, sont des décompositions ultérieures de la rouille du fer très-alténuées et dénuées de presque toutes ses qualités métalliques. On peut néanmoins leur rendre la vertu magnétique en leur faisant subir l’action du feu.
Toutes les ocres brunes, noires, jaunes ou rouges , fines ou grossières, légères ou pesantes, et plus ou moins concrètes, sont aisées à diviser et à réduire en poudre. On en connaît plusieurs espèces, tant pour la couleur que pour la consistance. M. Romé de Lisle les a toutes observées et très-bien indiquées {!). Au reste, nous ne séparerons pas des
(1) On distingue d.ins les ocres ; 1° l’ocre martiale jaune , qui se précipite journellement
HISTOIRE NATURELLE
ocres les mines de for limoneuses ou terreuses qui ne sont pas en grains; car ces mines ne sont en effet (|ue des ocres ou rouille de fer pins ou moins mêlées de terre limoneuse. Et je dois me dispenser de parler ici des mines de fer en grains, dont J’ai expliqué la formation à l’article de la Terre végétale et du Fer.