‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 90 sur 133 · PYRITES ET MARCASSITES · texte numérisé non relu

PYRITES ET MARCASSITES

Nous avons déjà parlé de la formation des pyrites martiales (2); mais nous n’avons pas indiqué les différentes et nombreuses concrétions qui proviennent de leur dccom|)Osition. Ces pyrites contiennent une plus ou moins grande quantité de fer, et qui fait souvent un quart, un tiers, et quelquefois prés d’une moitié de leur masse : le surplus de leur substance est, comme nous l’avons dit, la matière du feu fixé par l’acide vitriolique ; et plus elles contiennent de fer, plus elles sont dures et plus

(t) La pesanteur spécifique du volfran noir est de 71198; celle du mispickel ou pyrite arsenicale, de 68223 ; celle du tunystein blanc d’Altemberg, de 58028 ; celle du tungstein de Suède, de 19088 ; et celle du volfran doux, de 1M80. Tables de M. Brisson.

(2) Voye^ dans cc volume de la Théorie de la Terre, Histoire des Minéraux, l’article Pyrite miwtiale.

elles résistent à l’action des éléments qui peuvent les décomposer. Nos observateurs en minéralogie prétendent s’èire assurés que quand la décomposition de ces pyrites s’opère par la voie humide, c’est-à-dire par l’action de l’air et de l’eau, cette altération coinnieuce par le centre de la niasse pyritcuse, au lieu que si c’est par le feu qu’elles sc décomposent, les parties extérieures de la pyrite sont les premières altérées, et celles du centre les dernières. Quoi qu’il en soit, les pyrites exposées à l’air perdent bientôt leur dureté et même leur consistance : elles ne sont point attirables à l’aimant dans leur état primitif, non plus que dans celui de décomposition ; jireuvc évidente que, dès leur pi'emière formation, le fer qui leur sert de base était lui-même décomposé, et dans un état de rouille ou de chaux produilepar l’impression des éléments humides. Les pyrites martiales doi\ent donc être regardées comme les jircmiéres et les plus anciennes concrétions solides du fer, formées par rintermède de l’eau.

Les pyrites qui se présentent sous une forme cubique et à faces planes contiennent plus de fer, et résistent plus à l’action des éléments humides que les [lyritcs globuleuses, parce que ces dernières sont composées de moins de fer et des principes du soufre en plus grande quantité que les premières. Toutes ces pyrites, en se décomiiosant, donnent naissance à plusieurs mines de fer de dernière formation, et produisent les enduits brillants et pyriteux des coquilles, des poissons et des bois enfouis dans la tci're.

Lorsque les pyrites martiales sont mêlées d’arsenic en quantité sensible, ou leur donne le nom de marcassUes. Eu général, les inarcassites, comme les pyrites, ne contiennent le fer que dans son étal de rouille ou de décomposition par riiumidilé qui a détruit sa propriété magnétique : souvent ces pyrites arsenicales sont mêlées de différents métaux ; et |)armi ces marcassites mélangées de différents métaux, on remarque celles qui sont couleur d’or, que l’on trouve en Italie (I) et au cap Vert.

Dans les marcassites qui contiennent autant ou plus de cuivre que le fer, on peut distinguer la marcassite vitrée de Cramer, qui, quoique assez abondaule en cuivre, est néanmoins Ircs-difficile à fondre; et à l’égard des marcassites, plus arsenicales que ferrugineuses, nous renvoyons à ce que nous en avons dit à l’article de l’Arsenic (2).

(1) Crislallographic, par M. Uomc de I.islc, arliclfi Marcassite. couleur d’or.

(2) Théorie de la Terre, histoire des Minéraux.

HISTOIRE NATURELLE

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