HISTOIRE NATURELLE DE LA FOSSANE
même, mais «luii noir plus faible; le dessous du venlre blanc, les jambes et les cuisses noires ; les pattes courtes ; cinq doigts à chaque pied; les ongles blancs et crochus; la queue longue de seize pouces, grosse de deux pouces à l’origine : dans le premier tiers de sa longueur , elle est de la couleur du corps, rayée de petits anneaux noirs assez mal terminés. Les deux autres tiers de la queue sont tout noirs jusqu’à l’extrémité.
Longueur du bout du museau à l’angle extérieur de l’œil 0 1 8
Ouverture d’un angle à l’autre 00 9
Distance entre les angles extérieurs des yeux . . 0 0 11
Distance entre l’angle postérieur de l’œil à l’oreille . .00 11
Longueur de l’oreille 01 5
Largeur à la base 01 0
LA FOSSANE.
(l.A CIVETTE FOSSMNE, ClJVIEIl.)
Ordre des carnassiers, famille des carnivores, tribu des digitigrades, genre civette. (Ccvier. )
Quelques voyageurs ont appelé la fossane genelte de Madagascar , parce qu elle ressemble à la genetle par les couleurs du poil et par quelques autres rapports : cependant elle est constamment plus petite ; et ce ijni nous fait penser que ce n’est point une genette, c’est qu'elle n’a pas la poche odoriférante, qui, dans cet animal, est un attribut essentiel. Comme nous étions incertains de ce fait, n’ayant pu nous procurer l’animal pour le disséquer, nous avons consulté par lettres M. Poivre, qui nous en a envoyé la peau bourrée, et il a eu la bonté de nous répondre dans les termes suivants !
Lyon, 19 jutllel 1761. «La fossane que j’ai apportée de iVladagascar est un animal qui ® a les mœurs de notre fouine : les habitants de Pile m’ont assuré que la fossane mâle « étant en chaleur, scs parties avaient une forte odeur de musc. Lorsque j’ai faitem- « pailler celle qui est au Jardin du Roi, je rexaminaLaltentivement ; je n’y découvris « aucune poche, et je ne lui trouvai aucune odeur de parfum. J'ai élevé un animal BVFFON. tome TU. 19
-m IJISTOIU!' NATUHIÎLLK DU PUTOIS RAYÉ DU U’UNDU.
U seniblilbic à la Cucbiiichiiie, et un autre aux îles Philippines; l’un et l’autre étaient « des mâles, ils étaient devenus un peu familiers, je les avais eus très- petits, et je ne « les ai guère gardés (|ue deux ou trois mois ; je n’y ai jamais trouvé de poche entre « les parties que vous m’indiquez; je me suis seulement aperçu que leurs excréments « avaient l'odeur de notre fouine. Ils mangeaient de la viande et des fruits, mais ils « préféraient ces derniers, et montraient surtout un guùt plus décidé pour les bâti nanes, sur lesquelles ils se jetaient avec voracité. Cet animal est très-sauvage, fort « difficile à apprivoiser; et quoique élevé bien jeune, il conserve toujours un air et un « caractère de férocité, ce qui m’a paru extraordinaire dans un animal qui vit volon- « tiers de fruits. L’œil de la fossane ne présente qu’un globe noir fort grand, com- « paré à la grosseur de sa tête, ce qui donne à cet animal un air méchant. »
Nous sommes très-aises d’avoir celte occasion de marquer notre reconnaissance à M. Poivre, qui, par goût pour l’iiisloire naturelle, et par amitié pour ceux qui la cultivent, a donné au Cabinet un assez grand nombre de morceaux rares et précieux dans tous les genres.
11 nous paraît que l’animal appelé berüé en Guinée est le même que la fossane, et que par conséquent celte espèce se trouve en Afrique comme en Asie. « Le berbé, disent les voyageurs, a le museau plus pointu et le corps « plus petit que le chat ; il est maniucté comme la civette. » Nous ne connaissons pas d’animal auquel ces indications, qui sont assez précises, con- .viennent mieux qu’à la fossane.
lÆ PUTOIS RAYÉ DE L’INDE.
(la eiVKTTF. UAYlili.)
Ordre des carnassiers, famille des carnivores, tribu des digitigrades, genre marte. (Ccvier.)
Cet animal, que M. Sonnerai a rapporté de l’Inde, et que dans son Voyage il a nommé chat sauvage de l'Inde, ne nous paraît pas être du genre dos chats, mais plutôt de celui des putois. Il n’a du chat ni la forme de la lèle ni celle du corps, ni les oreilles, ni les pieds, qui sont courts dans les chats et longs dans cet animal, surtout ceux de derrière; ses doigts sont courbés comme ceux des écureuils ; les ongles crochus comme ceux des chats, et c’est probablement ce dernier caractère qui a induit M. Sonnerai à regarder cet animal comme un chat : cependant son corps est allongé comme celui
HISTOIRE NATUHEfJ.E DE LA SARICOVIENNE. 287 des |)iilois, auxijuels il rcssenil)lc encore par la iorine des oreilles, qui sont très-différentes de celles des chats.
Eet animal, qui habite la côte de Coromandel, a quinze pouces de longueur du bout du museau à l’anus; sa grosseur approclie de celle de nos putois. I.a tête, qui a quatre pouces du nez à l’occiput, est d’une couleur brune mêlée de fauve; l’orbite de l’œil est ircs-grondc et bordée de lirun ; la distance du museau à l'angle anterieur de l’œil est de dix lignes, et celle de l’angle postérieur à l’oreille est de quatorze lignes. Le tour des yeux, le dessous du nez et les joues sont d’un fauve pâle; le bout du nez et les naseaux sont noirs, ainsi que les mouslacbes et les poils au-dessus des yeux, l.’oreille est plate, ronde, et de la forme de celle du putois ; elle est nue, etil y a seulement quelques poils blanchâtres autour du conduit auditif. Six largos bandes noires s’étendent sur le corps, depuis l'oceiput jusqu’au-dessus du croupion, et ces bandes noires sont séparées les unes des autres alternativement par cinq longues bandes blanchâtres cl plus étroites. Le dessous de la mâchoire inférieure est fauve très-pâle, de même que la face intérieure des jambes de devant; la face extérieure du bras est brune, mélangée de blanc sale ; la face externe des jambes de derrière est brune, mêlée d'un peu de fauve et de blanc gris ; les cuisses et les jambes de derrière ont la face interne blanche, et en quelques endroits fauve pâle ; tout le dessous du ventre est d’un blanc sale; le plus grand poil de dessus le corps a huit lignes.
La queue, longue de neuf pouces, finit en pointe; elle est couverte de poils bruns, mêlés de fauve comme le dessus de l’occiput. Les pieds sont longs, surtout ceux de derrière ; car ceux de devant ont, y compris l’ongle, seize lignes de longueur, et ceux de derrière vingt et une lignes. Les cinq doigts de chaque pied sont couverts de poils blanchâtres et bruns; les ongles des pieds de devant ont trois lignes, ceux des pieds de derrière quatre lignes.
Il y a six dents incisives et deux canines, en haut comme en bas.
LA SARIGOViENNE.
(la loutre d’amiîrique-)
Orâre des carnassiers, famille des carnivores, tribu des digitigrades, genre glouton. (Covier.)
« La saricovienne, dit Thevet, se trouve le long de la rivière de la Plata; elle est d’une nature amphibie, demeurant plus dans leau que sur la