‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 122 sur 255 · IIISTOIIIE NATLUELLE DE LA SA RICO VIENNE · texte numérisé non relu

IIISTOIIIE NATLUELLE DE LA SA RICO VIENNE

« terre. Cet animal est grand comme iin chat, et sa peau, qui est mêlée de « gris et de noir, est fine comme velours; ses pieds sont faits à la semblance « de ceux d’un oiseau de rivière ; au reste sa chair est très délicate et Irés- « bonne à manger. » .le commence par citer ce passage, parce que les naturalistes ne connaissaient pas cet animal sous ce nom, et qu’ils ignoraient que le earigueibeju du Brésil, qui est le même, eût des membranes entre les doigts des pieds. En effet, Maregrave, qui en donne la description, ne pai le pas de ce caractère, qui cependant est essentiel, puisqu’il rapproche, autant qu'il est possible, cette espece de celle de la loutre.

,Ie crois encore que l’animal dont Gumilla fait mention sous le nom de Guacbi pourrait bien être le même que la saricovienne, et que c'est une espèce de loutre commune dans toute l’Amérique méridionale. Par la description qu’en ont donnée Maregrave et Desmarchais, il paraît que cet animal amphibie est de la grandeur d’un chien de taille médiocre; qu’il a le haut <le la tête rond comme le chat, le museau un peu long comme celui du chien, les dents et les moustaches comme le chat; les yeux ronds, petits et noirs; les oreilles arrondies et placées bas ; cinq doigts à tous les pieds ; les pouces plus courts que les autres doigts, qui tous sont armés d’otuïles bruns et aigus; la queue aussi longue que les jambes de derrière; le poil assez court et fort doux, noir sur tout le corps, brun sur la tète, avec une tache blanche au gosier. Son cri est à peu près celui d’un jeune chien, et il l’entrecoupe quelquefois d’un autre cri semblable à la voix du sagouin. Il vit de crabes et de poissons, mais on peut au.ssi le nourrir avec de la farine de manioc délayée dans de l’eau. Sa peau fait une bonne fourrure, et quoiqu’il mange beaucoup de poisson, sa chair n'a pas le goût de marais ; elle est au contraire très-saine et très-bonne à manger.

■ADDITION A l’article DE LA SARICOVIENNE.

.Je trouve dans les notes communiquées par M. de la Borde, qu'il y a à Cayenne trois espèces de loutres : la noire, qui peut peser (|uarante ou cinquante livres; la seconde, qtû est jaunâtre, et qui peut peser vingt ou vingt-cinq livres; et une troisième espèce beaucoup plus petite, dont le poil est grisâtre, et qui ne pèse que trois ou quatre livres. 11 ajoute que ces animaux sont très-communs à la Guyane, le long de toutes les rivières et des marécages, parce que le poisson y est fort abondant; clics vont même par troupes quelquefois fort nombreuses : elles sont farouches et ne se laissent point . ai)prochor : pour les avoir, il faut les surprendre; elles ont la dent cruelle, et se défendent bien contre les chiens : elles font leurs petits dans des trous qu’elles creusent au bord des eaux; on en élève souvent dans les maisons.

HISTOIRE NATURELLE DUNE LOUTRE DE CANADA. 289 J'ai remarqué, dit M. de la Borde, que tous les animaux de la Guyane s’accoutument l'acilcmcnt à la domesticité, et deviennent incommodes par leur grande familiarité.

M. Aublct, savant botaniste, que nous avons déjà cité, et M. Olivier, cbirurgien du roi, qui ont demeuré tous deux longtemps à Cayenne et dans le pays d’Oyapok, m’ont assuré qu'il y avait des loutres si grosses, qu'elles pesaient jusqu’à quatre-vingt-dix et cent livres; elles se tiennent dans les grandes rivières qui ne sont pas fort fréquentées, et on voit leur tête audessus de l'eau; elles font des cris que Ion entend de très-loin; leur poil est très doux, mais plus court que celui du castor; leur couleur ordinaire est d’un brun minime : ces loutres vivent de poisson, et mangent aussi les graines qui tombent dans l’eau sur le bord des fleuves.

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