‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 141 sur 255 · L’ANONYME · texte numérisé non relu

L’ANONYME

Cet animal, dont nous ignorons le nom, et que nous appellerons l’anonyme en attendant qu’on nous dise son nom, a quelques rapports avec le lièvre, et d’autres avec l’écureuil. Voici ce que M. Bruce m’en a laissé par écrit :

« Il existe dans la Libye, au midi du lac qu’on appelait autrefois Palus « Tritonides, un très-singulier animal, de neuf à dix pouces de long, avec « les oreilles presque aussi longues que la moitié du corps, et larges à

' Canis férus, major, cancrosus, vulgo diclus Koupara. Borrère, Essai d’hist.nat. de la France équin., p. 149.

« proportion; ce qui ne se trouve dans aucun animal quadrupède, à l’cxcep- « tion de la chauve-souris oreillard. Il a le museau presque comme le re- « nard, et cependant il paraît tenir de plus près à l’écureuil; il vit sur les « palmiers et en mange le fruit; il a les ongles courts, qu’il peut encore « retirer. C’est un très-joli animal; sa couleur est d’un blanc mêlé d’un « peu de gris et de fauve clair; l intérieur des oreilles n’est nu que dans le « milieu ; elles sont couvertes d'un petit poil brun mêlé de fauve, et garnies « en dedans de grands poils blancs; le bout du nez noir; la queue fauve et « noire à son extrémité : elle est assez longue, mais d’une forme différente « de celle des écureuils, et tout le poil, tant du corps que de la queue, est « très-doux au toucher. »

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