ET DU CAYOPOI.I.IN
M. de la Borde, médecin du roi à Caj'enne, m’a écrit qu’il avait nourri dans un petit tonneau trois sarigues, où ils se laissaient aisément manier. Ils mangent du poisson, de la viande cuite ou crue, du pain, du biscuit, etc. Ils sont continuellement à se lécher les uns les autres; ils font le même murmure que les chats, quand on les manie.
« Je ne me suis pas aperçu, dit-il, qu’ils eussent aucune mauvaise odeur. 11 y a des espèces plus grandes et d autres plus petites . Ils portent également leurs petits dans une poche sous le ventre; et ces petits ne quittent
* On m’a nouvellement envoyé pour le Cabinet une peau de ces petits sarigues de Cayenne, qui n’avait que trois pouces et demi de longueur, quoique 1 animal fûtadulle, et que la queue eût quatre pouces et demi.
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janinisln mamello, même lorsfjirils tlormcni. Los chions les liienl, mais ne les maiigenl. pas. Ils ont un grognement qui ne se fait pas cnleniire de fort loin ; on les apprivoise aisément; ils cherchent à entrer dans les poulaillers, où ils mangent la volaille, mais leur chair n'est pas bonne à manger; dans certaines espèces elle est même d'nnc odeur insupportable, et l’animal est appelé pitnnt par les habitants de Cayenne. »
11 ne faut pas confondre ces sarigues puants de M. de la Borde avec les vrais puants ou mouffeitcs, qui forment un genre d’animaux très-différents de ceux-ci.
M. Vosmaër, directeur des Cabinets d'histoire naturelle de S. A. S. M. le prince d'Orange, a mis une note, p. G de la description d'un écureuil volant, Amsterdam, 1767, dans laquelle il dit :
« Le cocscocs est le bosch ou beursrult des Indes orientales, le philander de Seba et le didelphis de Linnæus. Le savant M. de Buffon nie absolument son existence aux Indes orientales, et ne l’accorde qu’au Nouveau- Monde en particulier. Nous pouvons neanmoins assurer à ce célèbre naturaliste, que Valentin et Seba ont fort bien fait de placer ces animaux tant en y\sie qu'en Amérique. J'ai moi-même reçu l'éié dernier, des Indes orientales, le mâle et la femelle. La même espèce a aussi été envoyée à M. le docteur Schlosser, à Amsterdam, par un ami d’Amboinc, quoique pour moi je n'en connaisse pas d'autres que ceux-ci, de sorte qu'ils ne sont pas si communs. La principale différence entre le coescoes des Indes orientales et celui des Indes occidentales, consiste, suivant mon observation, dans la couleur du poil, qui, au mâle des Indes orientales, est tout à fait blanc, un yieu jaunâtre. Celui de la femelle est un peu plus brun, avec une raie noire ou plutôt brune sur le dos. La tète de celui des Indes orientales est plus courte, mais le mâle me parait l’avoir un peu plus longue que la femelle.
Les oreilles, dans cette espèce, sont beaucoup plus courtes qu’à celle des Indes occidentales. La description de la seconde espèce, dont parle aussi Valentin, est trop diffuse pour pouvoir s’y rapporter avec quelque certitude. »
.le ne doute pas que M. Vosmaër n’ait reçu des Indes orientales des animaux mâles et femelles sous le nom de coescoes; mais les différences qu'il indique lui-même entre ces coescoes et les sarigues pourraient déjà faire penser que ce ne sont pas des animaux de même espèce. J'avoue néanmoins que la critique de M. Vosmaër est juste, en ce que j'ai dit que les trois philandcrs de Seba n’étaient (pie le même animai, tandis qu'en effet le troisième, c’est-à-dire celui de la pl. 39 de Seba, est un animal différent, et qui se trouve réellement aux Philippines, et peut-être dans quelques autres endroits des Indes orientales, où il est connu sous le nom de coescoes ou cuscus ou cusos. J'ai trouvé dans le Voyage de Christophe Barchewilz la notice suivante :
« Dans l'ilc de Lethy il y a des cuscus ou cusos, dont la chair a à peu près le goût de celle du lapin. Cet anima! ressemble beaucoup pour la couleur