DE LA MULE
Buffon, le meunier avait une jument'el un taureau qui habitaient dans la même étable, et qui avaient pris tant de passion l'un pour l’autre, que dans tous les temps où la jument se trouvait en chaleur, le taureau ne manquait Jamais de la couvrir trois ou quatre fois par jour, dès qu’il se trouvait en liberté; ces accouplements réitérés nombre de fois pendant plusieurs années donnaient aux maîtres de ces animaux de grandes espérances d’en voir le produit. Cependant il n’en a jamais rien résulté; tous les habitants du lieu ont été témoins de l’accouplement très-réel et très-réitéré de ces deux animaux pendant plusieurs années, et en même temps de la nullité du produit. Ce fait très-certain paraît donc prouver qu'au moins dans notre climat le taureau n’engendre pas avec la jument, et c’est ce qui me fait douter trèslégitimement de cette première sorte de jumart. Je n’ai pas de faits aussi positifs à opposer contre la seconde sorte de jumarts dont parle le docteur Shaw, et qu’il dit provenir de l’àne et de la vache. J'avoue même que, quoique le nombre des disconvenances de nature paraisse ii peu près égal dans ces deux cas, le témoignage positif d’un voyageur aussi instruit que le docteur Shaw semble donner plus de probabilité à l’existence de ces seconds jumarts, qu’il n’y en a pour les premiers. Et, à l’égard du troisième jumart provenant du taureau et de l’ànesse, je suis bien persuadé, malgré le témoignage de Mérolle, qu’il n’existe pas plus que le jumart provenant du taureau et de la jument. Il y a encore plus de disconvenance, plus de distance de nature du taureau à l’ânesse qu’à la jument, et le fait que j’ai rapporté de la nullité du produit de la jument avec le taureau s’applique de lui-méme, et, à plus forte raison, suppose le defaut du produit dans l’union du taureau avec l’ànesse.