LA GIRAFE
Ordre des ruminants, section des ruminants à cornes, genre girafe. (Cuvier.)
La girafe est un des premiers, des plus beaux, des plus grands animaux, et qui, sans être nuisible, est en même temps 1 un des plus inutiles. La
niSïOJKE iVATUJlEIJÆ
|lisproportion énornie de ses jambes, dont celles de devant sont une fois plus longues que eclles de derrière, fait obstacle à l’exercicc de ses forces : son corps n a point d’assiette, sa démarche est vacillante, ses mouvements sont nts et contraints; elle ne peut ni fuir ses ennemis dans l’état de liberté ni servir scs maîtres dans celui de domesticité : aussi l’espèce en est peu nombreuse et a toujours été confinée dans les déserts de l Étbiopie et de quelques autres provinces de l’Afrique méridionale et des Indes. Comme ces contrées étaient inconnues des Grecs, Aristote ne fait aucune mention de cet animai; mais Pline en parle, et Oppien le décrit d’une manière qui n’est point équivoque. Le camelopardalù, dit cet auteur, a quelque ressemblance au chameau; sa peau est tigrée comme celle de la panthère, et son cou est ong comme celui du chameau; il a la tète et les oreilles petites, les pieds larges, les jambes longues, mais de hauteur fort inégale; celles de devant sont beaucoup plus élevées que celles de derrière, qui sont fort courtes et semblent ramener à terre la croupe de l’animal; sur la tète, près des oreilles,
I y a deux eminenees semblables à deux petites cornes droites : au reste
II a la bouche comme un cerf, les dents petites et blanches, les yeux brillants, la queue courte et garnie de poils noirs à son extrémité. En ajoutant a cette description d’Oppien celles d’IIéliodore et de Strabon, l’on aura déjà une idee assez juste de la girafe. Les ambassadeurs d’Éthiopie, dit Iléliodore amenèrent un animal de la grandeur d’un chameau, dont la peau étail marquée de taches vives et de couleurs brillantes, et dont les parties postérieures du corps étaient beaucoup trop basses, ou les parties antérieures beaucoup trop élevées; le cou était menu, quoique partant d’un corps assez épais; la tete était semblable pour la forme à celle du chameau, et pour la grandeur n’était guère que du double de celle de l’autruche; les yeux paraissaient teints de difl’érentes couleurs. La démarche de cet animal était t ifferente de celle de tous les autres quadrupèdes, qui portent en marchant leurs pieds diagonalement, c’est-à-dire le pied droit de devant avec le pied gauche de derrière; au lieu que la girafe marche l’amble naturellement en portant les deux pieds gauches ou les deux droits ensemble. C’est un animal si doux, qu’on peut le conduire partout où l’on veut, avec une petite corde passée autour de la tète. 11 y a, dit Strabon, une grande bète en Ethiopie, qiion appelle camelopardalù, (|uoiqu’elle ne ressemble en rien à la panthère, car sa peau n’est pas marquée de même ; les taches de la panthère sont orbiculaires, et celles de cet animal sont longues et à peu prés semblables à celles d’un faon ou jeune cerf qui a encore la livrée. Il a les parties postérieures du corps beaucoup plus basses que les antérieures, en sorte que vers la croupe il n’est pas plus liant qu’un bœuf, et vers les épaules il a plus de hauteur que le chameau. A juger de sa légèreté par cette disproportion, il ne doit pas courir avec bien de la vitesse. Au reste, c’est un animal doux qui ne fait aucun mal, et qui ne se nourrit que d'herbes et de feuilles. Le premier des modernes qui ait ensuite donné tinc bonne dcscrip tion de la girafe est Belon.