DE LA GIRAFE. ÜG
cerfs, et d’iine consistance presque semblable ; elles n’en diffèrent qu’en ce qu’elles sont minces, droites et simples, c’est-à-dire sans être divisées en branches ou andouil- 1ers : elles sont recouvertes dans toute leur longueur de la peau de l’animal; et jusqu’aux trois quarts'de leur hauteur, cette peau est chargée de poils courts, semblables à ceux qui couvrent tout le corps ; vers leur extrémité, ces poils deviennent plus longs; ils s’élèvent environ trois pouces au-dessus du bout mousse de la corne, et ils sont noirs; ainsi ils sont très-différents du duvet qu’on voit sur le refait des cerfs.
« Ces cornes ne paraissent point être composées de ces poils réunis, comme celles du rhinocéros; aussilcursubstancc et leur texture sont tout autres. Quand on les scie suivant leur longueur, on voit que, comme les os, elles sont formées d’une lame dure qui en fait la surface extérieure, et qui renferme au dedans un tissu spongieux : au moins cela est-il ainsi dans les cornes de ma jeune girafe : peut-être que les cornes d’une girafe adulte sont plus solides ; c’est ce que M. de Buffon est actuellement en état de déterminer : je lui ai envoyé une des cornes de ma girafe, avec celle d’une autre plus âgée, qu’un de mes amis a reçue des Indes orientales.
B Quoique ces cornes soient solides comme celles des cerfs, je doute qu’elles tombent de même que ces dernières : elles semblent être une excroissance de l’os frontal, comme l’os qui sert de noyau aux cornes creuses des bœufs et des chèvres ; et il n'est guère possible qu’elles s’en détachent. Si mon doute est fondé, la girafe fera un genre particulier, différent de ceux sous lesquels on comprend les animaux dont les cornes tombent, et ceux qui ont les cornes creuses, mais permanentes.
o Les girafes adultes ont au milieu du front un tubercule qui semble être le commencement d’une troisième corne : ce tubercule ne parait point sur la tête de la nôtre, qui vraisemblablement était encore trop jeune.
a Tous les auteurs, tant anciens que modernes, qui ont décrit cet animal, disent qu’il y a une si grande différence entre la longueur de ses jambes, que celles de devant sont une fois plus hautes que celles de derrière. Il n’est pas possible qu’ils se soient trompés sur un caractère si marque; mais j’ose assurer qu’à cet égard la girafe doit changer beaucoup en grandissant; car dans la jeune que nous avons ici, la hauteur des jambes postérieures égale celle des jambes antérieures ; ce qui n’empêche pas que le train de devant ne soit plus haut que celui de derrière, et cela à cause de la différence qu'il y a dans la grosseur du corps, comme on le voit dans la figure : mais cette différence n’approche pas de ce qu’on en dit, comme on pourra le conclure par les dimensions que je vais donner.
« I.e cou de la girafe est ce qui frappe le plus ceux qui la voient pour la première fois : il n’y a aucun quadrupède qui l’ait aussi long, sans en excepter le chameau, qui d’ailleurs fait replier son cou en diverses façons, ce qu’il ne paraît pas que la girafe puisse faire.
8 Sa couleur est d’un blanc sale, parsemé de taches fauves, ou d’un jaune pâle, fort près les unes des autres au cou, plus éloignées dans le reste du corps, et d’une figure qui approche du parallélogramme ou du rhombe.
« La queue est mince par rapport à la longueur et à la taille de l’animal ; son extrémité est garnie de poils ou plutôt de crins noirs, qui ont sept à huit pouces de longueur.
«Une crinière composée de poils roussàtres, de trois pouces de longueur, et inclinée vers la partie postérieure du corps, s’étend depuis la tète tout le long du cou jusqu’à la moitié du dos; là, elle continue à la distance de quelques pouces : mais les poils qui la forment sont penchés vers la tête, et près de l’origine de la queue elle semble recommencer, et s’étendre jusqu’à son extrémité ; mais les poils en sont fort courts, et à peine les distinguc-t-on de ceux qui couvrent le reste du corps.
tiirroN, tome vu. 43
G70 IIISTOIKE NATURELLE
« Ses paupières, lanl les supérieures que les inférieures, sont garnies de cils formés par une rangée de poils fort raides ; on en voit de semblables, mais clair-semcs el plus longs, autour de la bouche.
K Sa physionomie indique un animal doux et docile, et c’est là ce qu’en disent ceux qui l’ont vue vivante.
« Cette description de la girafe, ajoutée à ce qu’en dit M. de BiifTon, d’après divers auteurs, et accompagnée de la figure que j’ai jointe ici, suffit pour en donner des idées plus justes que celles qu’on en a eues jusqu’à présent. Il n’y manque que les dimensions do ses principales parties ; les voici :
l.ongurur du corps entier mesuré en ligne droite, depuis le bout du museau
jusqu’à l’anus 570
Hauteur du train de devant 45q
Hauteur du train de derrière. • . . 403
Longueur de la tète, depuis le bout du museau jusqu’à l’origine des cornes. . 0 9 7
Circonférence du bout du museau, prise derrière les naseaux 0 9 0
Circonférence de la tête, prise au-dessus des yeux . 16 0
Contour de l’ouverture de la bouche 0 11 0
Distance entre les angles de la mâchoire inférieure 0 3 0
Distance entre les naseaux 010
Distance entre tes yeux, mesurée en ligne droite 063