I.ongiieur du tronçon de la queue
Circonférence à son origine 0 7 o
Hauteur des jambes de devant, depuis la plante des pieds jusque sous la poitrine. 3 1 6
Hauteur des jambes dedcrrière,depuislaplantcdcspicdsjusquesousleventre 3 1 0
Longueur des sabots ... 041
Hauteur des sabots 027
Largeur des deux sabots dans les pieds de devant 0 3 5
Largeur des deux sabots dans les pieds de derrière 0 3 3
Circonférence des deux sabots réunis, prise sur les pieds de devant. ... 116
Circonférence prise sur les pieds de derrière 10 0
O Je ne donne point ici les circonférences du genou, du boulet, ni du paturon, non plus que les longueurs des différentes parties qui composent les jambes, parce qu’il ne m’a pas été possible de les prendre sur une peau bourrée, oit ces différentes parties ne sont pas exactement déterminées. »
On voit, par celte description, non-seulement la grande intelligence, mais la circonspection et la prudence que M. Allemand met dans les sujets qu’il traite, ,1’aurais fait copier sa planche pour accompagner sa description ; mais comme j’en donne une autre, et que d’ailleurs sa girafe était fort jeune, j’ai
üli LA (JIRAFK. 671
cru que je devais m’en dispenser. Je ferai seulemcnl une observation au sujet des cornes que le même M. Allamand a eu la bonté de m’envoyer : je doute beaucoup que la plus longue ait appartenu à une girafe; elle n'a nul rapport de proportion avec les autres, qui sont très-grosses, relativement à leur longueur, tandis que celle-ci est menue, c’est-à-dire fort longue pour sa grosseur. Il est dit, dans la description anonyme rapportée ci-dessus, que les girafes adultes ont les cornes hnt/ues (Y un pied el grosses comme le bras; si celle-ci, qui est longue d’un demi-pied, était en effet une corne de girafe, elle serait deux fois plus grosse qu’elle ne l’est : d’ailleurs cette prétendue corne de girafe m’a paru si semblable à la dague d’un daguet, c’est-à-dire au premier bois d’un jeune cerf, que je crois qu’on peut, sans se tromper, la regarder comme telle.
Mais je serais assez de l’avis de M. Allamand, au sujet de la nature des cornes de girafe : le tubercule qui, dans cet animal, fait pour ainsi dire une troisième corne au milieu du cbanfrein, ce tubercule, dis-je, est certainement osseux; les deux petites cornes sciées étaient adhérentes au crâne sans être appuyées sur des meules : elles doivent donc être regardées comme des prolongements osseux de cette partie. D’ailleurs, le poil ou plutôt le crin dont elles sont environnées et surmontées, ne ressemble en rien au velours du refait des cerfs ou des daims : ces crins paraissent être permanents, ainsi que la peau dont ils sortent; et dès lors la corne de la girafe ne sera qu’un os qui ne diffère de eelui de la vache que par son enveloppe, celui-ci étant recouvert d’une substance cornée ou corne creuse, et celui de la girafe couvert seulement de poil et de peau.
NOtJVEI.I.IÎ ADDITION A I.'aRTICI.E DF. I.A GIRAFE.
Lorsque nous avons donné la première addition à l’article de cet animal, dont la hauteur surpasse celle de tous les autres animaux quadrupèdes, nous n’avions pu réunir encore que des notions imparfaites, tant par rapport à sa conformation qu'à scs habitudes. Avec quelque soin que nous eussions comparé tout ce qui a été écrit au sujet de la girafe par les anciens naturalistes et les modernes, nous ignorions encore si elle portait sur la tète des bois ou des cornes; et, quoique la figure que nous avons donnée de cet animal soit moins défectueuse qu'aucune de celles que l’on avait publiées avant nous, cependant nous avons reconnu qu'elle n’est point exacte à plusieurs égards. M. Gordon, observateur très-éclairé, que nous avons cité plusieurs fois avec éloge, a fait un second voyage dans l’intérieur de l’Afrique méridionale : il a vu et pris plusieurs girafes, et les ayant exami ncés avec attention, il en a envoyé à M. Allamand un dessin que j’ai fait copier et graver; nous y joindrons plusieurs détails intéressants sur les habitudes et la conformation de cet animal si remarquable par sa grandeur.
G7^ MISTOllit: .WTl UIÎLLE
« Les girafes se trouvent, dit-il, vers le vingt-huiticnic degré de latitude méridionale, dans les pays habités par des nègres que les Hottentots appellent Brinas ou Briquas ; l’espèce ne paraît pas être répandue vers le sud au delà du vingt-neuvième degré, et ne s’étend à l’est qu’à cinq ou six degrés du méridien du Cap. Les Cafres, qui habitent les côtes orientales de l’Afrique, ne connaissent point les girafes; il paraît aussi qu’aucun voyageur n’en a vu sur les côtes occidentales de ce continent, dont elles habitent seulement l’intérieur. Elles sont continccs dans les limites que nous venons d’indiquer vers le sud, l’est et l’ouest, et du côté du nord on les retrouve jusqu’en Abyssinie, et même dans la Haute-Égypte.
Lorsque ces animaux sont debout et en repos, leur cou est dans une position vertirale. Leur hauteur, depuis la terre jusqu’au-dessus de ia tête, est dans les adultes de quinze à seize pieds. La girafe que j'ai fait représenter, et dont la dépouille est dans le Cabinet de M. Allamand, était haute de quinze pieds deux pouces. Sa longueur était peu proportionnée à sa hauteur. Elle n'avait que cinq pieds cinq pouces de longueur de corps, mesurée en droite ligne depuis le devant de la poitrine jusqu’à l’anus. Le train de devant, mesuré depuis terre jusqu’au-dessus des épaules, avait neuf pieds onze pouces de hauteur; mais celui de derrière n’était haut que de huit pieds deux pouces. »
On a cru qu’en général la grande différence de hauteur qui se trouve entre le derrière et le devant de la girafe, provenait de l’inégalité de hauteur dans les jamhes : mais M. Gordon a envoyé à M. Allamand tous les os d’une des jambes de devant et d’une des Jambes de derrière; elles sont à peu près de la même longueur, en sorte que l’inégalité des deux trains ne peut être attribuée à cette cause, mais provient de la grandeur des omoplates et des apophyses épineuses des vertèbres du dos. L'os de l’omoplate a deux pieds de longueur, et les premières apophyses épineuses sont longues de plus d'un pied; ce qui suffit pour que le train de devant soit plus élevé que eelui de derrière d’environ un pied huit à neuf pouces, comme on peut le voir dans le squelette de cet animal que nous donnons ici.
La peau de la girafe est parsemée de taches rousses ou d'un fauve foncé sur un fond blanc. Ces taches sont très-près l'une de l’autre, et de figure rhombo'idale ou ovale, et même ronde. La couleur de ces taches est moins foncée dans les femelles et dans les jeunes mâles que dans les adultes, et toutes en général deviennent plus brunes et meme noires à mesure que l'animal vieillit. Pline a écrit que le caméléopard, qui est le môme animal que la girafe, avait des taches blanches sur un fond roussâtre, et en effet, lorsqu’on voit de loin une girafe, elle paraît presque entièrement rousse, parce que les taches sont beaucoup plus grandes que les espaces qu’elles laissent entre elles, de façon que ces intervalles semblent être des taches blanches semées sur un fond roussâtre. La forme de la tête de la girafe a quelque ressemblance avec celle de la tête d’une brebis : sa longueur est de plus de deux pieds, le cerveau est très-petit; elle est couverte de poils parsemés de taches semblables à celles du corps, mais plus petites. La lèvre supérieure dépasse l'inférieure de plus de deux pouces; il y a huit dents incisives assez