LE PETIT LAMANTIN D AMÉRIQUE
(le lamantin d’amériqiie.) tribu des cétacés herbivores, genre laniunlin. (Cuvier.)
Cette quatrième espèce, plus petite que les trois précédentes, est en môme temps plus nombreuse et plus répandue que la seconde dans les climats chauds du Nouveau Monde : elle se trouve non-seulement sur presque toutes
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les côtes, mais encore dans les rivières cl les lacs qui se trouvent dans l intéricur des terres de l’Amérique méridionale, comme sur l’Orénoque, l’Oyapoc, l’Amazone, etc. : on les trouve aussi dans les rivières, et enfin dans la baie de Campéclie et autour des petites îles qui sont au midi de celle de Cuba.
Les grands lamantins des Antilles ne quittent pas la mer; mais le petit lait antin préfère les eaux douces et remonte dans les fleuves à mille lieues de distance de la mer. M. de la Condaminc en a vu dans la rivière des Amazones jusqu .à la ealaraeie de Borja, au-dessus de laquelle il ne s’en trouve plus. Il paraît que ces petits lamantins d’Amérique frétiucntent alternativement les eaux de la mer et celles des fleuves, selon qu’ils y trouvent de la pâture; mais ils habitent constamment sur les fonds élevés des côtes basses et les rivières où croissent les herbes dont ils se nourrissent ; on ne les rencontre jamais dans les endroits voisins des cotes escarpées où les eaux sont profondes, ni dans les hautes mers à de grandes distances des terres; car ils nj pouri aient vivre, puisquil ne parait pas qu'ils mangent du poisson; ils ne fréquentent donc que les endroits q’ui produisent de I herbc; et c’est par cette raison qu’ils ne peuvent traverser les grandes mers dont le fond ne produit point de végétaux, et où par conséquent ils périraient d’inanition : ainsi nous ne croyons pas que les lamantins de la mer des Indes et ceux des côtes du Sénégal soient de même espece que les lamantins d’Amérique petits ou grands.
Les voyageurs s’accordent à dire que le petit lamantin d’Amérique, dont il est ici question, se nourrit iion-sculement des lierbcs qui croissent sous les eaux, mais quil broute encore celles qui bordent les rivages lorsqu’il peut les atteindre, en avançant sa tète sans sortir entièrement de l’eau : car il n a pas plus que les autres lamantins la faculté de marcher sur la terre, ni même de s’y traîner.
Les femelles, dans cette espèce, produisent ordinairement deux petits, au lieu que les grands lamantins n’en produisent qu’un. La mère porte ses deux petits sous chacun de ses bras et serrés contre ses mamelles, dont ils* ne se séparent point, quelque mouvement qu’elle puisse se donner; et lorsqu ils sont devenus assez forts pour nager, ils la suivent constamment, et ne l’abandonnent pas lorsqu’elle est blessée, ni même après sa mort, car ils persistent à l’accompagner lorsque les pécheurs la tirent avec des cordes pour l’amener au rivage.
La peau de ces petits lamantins adultes est, comme celle des grands, rude et fort épaisse : leur chair est aussi très-bonne à manger.
IlISTOIRIi NATUlUîLLIi