‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 58 sur 255 · LE FER-A-CHEV VL · texte numérisé non relu

LE FER-A-CHEV VL

LE lUlINOLl’IlE lilFER.

L’étrange conformation de la face de cet animal le rend fort hideux; il semble porter sur le museau l’empreinte d'un fer de cheval, d’où vient son nom. Je n’ai trouvé, pendant longtemps, que des individus de grandeur moyenne entre la pipistrelle et la barbastelle; enfin, j’en ai vu quelquesuns beaucoup plus grands : comme ils différaient à quelques égards des premiers, que j'ai observés en très-grand nombre, j’ai décrit séparément les uns et les autres, et je commence par la description des petits.

Le bord convexe de la membrane en forme de fer-à-cheval, était placé au-dessus de la lèvi-e supérieure; chaque branche se prolongeait à côté des narines, qui se trouvaient derrière le bord concave : cette membrane avait environ une ligne de largeur sur toute sa longueur. La cloison des narines s’étendait de chaque côté au-dessus de leurs orifices, de façon qu’elle avait une face supérieure ronde et concave ; sur le bout postérieur de cette face, il s’élevait une lame étroite et pointue à l’extrémité : derrière cette lame il s’en trouvait une autre à peu près carrée, qui faisait corps avec la lame étroite, et qui était posée verticalement le long du chanfrein; elle avait environ une ligne de hauteur : il sortait de la base de cette seconde lame’ une autre membrane triangulaire, qui s’étendait obliquement en arrière; elle avait deux lignes et demie de longueur, et une ligne et demie de largeur dans le bas.

Les yeux étaient fort petits et très-enfoncés; ils se trouvaient placés chacun entre l’oreille et la lame triangulaire dont il a été fait mention. Les oreilles étaient grandes, larges à la base, et terminées par une pointe un peu recourbée en dehors; le bord intérieur de l’oreille était convexe, l’extérieur était concave au-dessous de la pointe, et convexe prés de la base de l’oreille; il formait au-devant un grand lobule, mais il n’y avait point d’oreillon.

Le poil était très-doux, il avait justju’à quatre lignes de longueur; la face inférieure du corps était d’un blanc sale; la face supérieure avait la même couleur avec des teintes de cendré brun; les oreilles et la membrane des ailes et de la queue étaient de couleur noirâtre.

112 DKSCUIPTION ÜES CIIAUVES-SOUHIS.

(les aniinaux restaiciil peiidaiil le jour suspeiulus par les pieds de derrière^ el enveloppés de leurs ailes.

On en a trouvé dans un caveau du château de Montbard de beaucoup plus grands que ceux dont je viens de faire la description ; ils avaient <à peu près la même grandeur que la chauve-souris et la noctule : leurs dimensions sont rapportées dans la table. Au reste, ils ne différaient des petits que par quelques teintes de couleur et par quelques parties mieux développées dans les membranes qui étaient sur le nez, sur le chanfrein et au devant du front, sans doute parce que ces animaux étaient plus vieux. La membrane qui formait le fer-à-clieval avait une ligne et demie de largeur dans les endroits les plus larges; elle était échancrée sur le milieu de son bord antérieur. La lame triangulaire, qui s’étendait obliquement en arrière, avait trois lignes de longueur; celle de sa base étaij de trois lignes et demie : il y avait, sur la face antérieure de cette lame, six cavités, trois de chaque côté, placées de façon que les deux premières, se trouvaient à une ligne au-dessous de la pointe du triangle, el n’étaient séparées l’une de l’autre que par une cloison fort mince; les deux secondes n’étaient aussi séparées des deux premières et des deux troisièmes que par une cloison très-mince; mais il y avait une ligne de distance entre les deux secondes, et deux lignes entre les deux troisièmes, qui étaient à la base du triangle.

Le poil avait jusqu’à cinq lignes de longueur; la partie inférieure du corps était d’un gris teint de jaunâtre; le dessus du corps avait une couleur mêlée de cendré clair et de roux, parce que les poils étaient de couleur cendré clair ou gris sur la plus grande partie de leur longueur, et roussâtre à l’extrémité : il y avait aussi-une bande brune qui s’étendait de chaque côté depuis l’oreille jusqu’à l'entre-deux des épaules, et une troisième qui se prolongeait depuis l’entre-deux des épaules, le long du dos ; ces bandes venaient de ce que l'extrémité des poils était brune.

L’un de ces animaux était femelle et avait mis bas depuis peu de temps, car ses mamelons étaient très-grands, ils avaient jusqu’à deux lignes de longueur el une ligne de largeur, ils étaient fort minces, el ils ressemblaient à des papilles de la panse d’un bœuf. Us étaient au nombre de quatre, deux sur la partie postérieure de la poitrine, un de chaque côté, au milieu d’une alvéole dégarnie de poil, qui avait trois lignes de diamètre, et deux autres placés au devant du pubis, à deux lignes de distance de la vulve, et éloignés l'iin de l’autre seulement d’une ligne.

HISTOimi NATLinKLI.K DE LA ROUSSETTE, ETE.

LA roussette;

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