LE MUSCARDIN
(le Loin MUSCARDIN.)
Famille des rongeurs, genre rai. (Cuvier.)
Le muscardin est le moins laid de tous les rats; il a les yeux brillants, la queue touffue et le poil d’une couleur distinguée; il est plus blond que roux : il n’habite jamais dans les maisons, rarement dans les jardins, et se trouve, comme le loir, plus souvent dans les bois, où il se retire dans les vieux arbres creux. L’espèce n’en est pas, à beaucoup près, aussi nombreuse que celle du lérot : on trouve le muscardin presque toujours seul dans son trou, et nous avons eu beaucoup de peine à nous en procurer quelques-uns : cependant, il parait qu’il est assez commun en Italie; que même il se trouve dans les climats du nord, puisque M. Linnæus l’a compris dans la liste qu’il a donnée des animaux de Suède : et, en même temps, il semble qu’il ne se trouve point en Angleterre; car M. Ray, qui l’avait vu en Italie, dit que le petit rat dormeur, qui se trouve en Angleterre, n est pas roux sur le dos comme celui d'Italie, et c|u’il pourrait bien être d’une autre espèce. En France, il est le même qu'en Italie, et nous avons trouvé qu’Aldrovande l’avait bien indiqué ; mais cet auteur ajoute qu’il y en a deux espèces en Italie, l’une rare dont l’animal a l’odeur du musc, l’autre plus commune
dont l’animal n’a point d’odeur ; et qu’à Bologne on les appelle tous deux muscardins, à cause de leur ressemblance, tant par la figure que par la grosseur. Nous ne connaissons que l’une de ces espèces, et c’est la seconde; car notre muscardin n’a point d’odeur, ni bonne ni mauvaise. Il manque, comme le lérot, des feuillets graisseux qui enveloppent les intestins dans le loir : aussi. ne devient-il pas si gras; et, quoiqu’il n’ait point de mauvaise odeur, il n’est pas bon à manger.
Le muscardin s’engourdit par le froid, et se met en boule comme le loir et le lérot, il se ranime, comme eux, dans les temps doux, et fait aussi provision de noisettes et d’autres fruits secs. Il fait son nid sur les arbres, comme l’écureuil; mais il le place ordinairement plus bas, entre les branches d’un noisetier, dans un buisson, etc. Le nid est fait d’herbes entrela-, cées; il a environ six pouces de diamètre, et n’est ouvert que par le haut. Bien des gens de la campagne m’ont assuré qu’ils avaient trouvé de ces nids dans des bois taillis, dans des baies, qu’ils sont environnés de feuilles et de mousse, et que dans chaque nid il y avait trois ou quatre petits. Ils abandonnent le nid dès qu’ils sont grands, et cherchent à se gîter dans le creux ou sous le tronc des vieux arbres; et c’est là qu’ils reposent, qu’ils font leur provision, et qu’ils s’engourdissent.